• Voici une vidéo très intéressante que j'ai trouvée sur youtube, créée par MEsalyne, afin de redonner du courage et de l'enthousiasme à tous ceux dont le moral est parfois mis à mal. Elle prouve que la philosophie est source de sagesse et permet à l'esprit de retrouver un équilibre:

     

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  • Cet article est extrait du Monde des religions. Je l'ai particulièrement trouvé intéressant pour mieux connaitre le philosophe romain qu'était Sénèque. Il rend vivant le personnage et montre aussi que tout enseignement transmis s'il ne rencontre pas un terrain fécond sera stérile. Sénèque fut le précepteur d'un des pires empereurs romains qui fut: NERON. Mais le philosophe enseigne une philosophie pratique qu'il s'est d'abord appliqué à lui-même, d'où la force de son enseignement.

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    Maître de sagesse

    Une conscience du temps. Sénèque

    Directeur de conscience, précepteur malheureux de l'empereur Néron qui le contraint au suicide, le philosophe romain Sénèque demeure une figure majeure du stoïcisme romain axé avant tout sur la morale et la sagesse pratique. 

     

    «Tous les bustes de Sénèque m'ont paru médiocres, écrit Diderot, [...] sa véritable image, celle qui vous frappera d'admiration, qui vous inspirera le respect, et qui ajoutera à son apologie la force qui lui manque est dans ses écrits. C'est là qu'il faut aller chercher Sénèque, et qu'on le verra. [...] L'Antiquité ne nous a point transmis de cours de morale aussi étendu que le sien » (Essai sur les règnes de Claude et de Néron, 1778). Sénèque passe, de fait, pour une grande figure de la sagesse antique. Mais qui était-il exactement ? Né à Cordoue en Espagne, Lucius Annaeus Seneca, dit « Sénèque » (4-65 de notre ère) est amené enfant à Rome, où la rhétorique et la philosophie lui sont enseignées. Il s'engage alors dans une carrière sénatoriale et suit le cursus honorum : avocat, questeur, puis sénateur. Il acquiert une brillante réputation d'orateur et d'écrivain, au point de susciter la jalousie de l'empereur Caligula : en 39, Sénèque échappe déjà de peu à une condamnation à mort, prémisse d'une relation difficile avec le pouvoir impérial qui a succédé à la république, avec Auguste, depuis l'année 27 avant notre ère. Sous l'empereur Claude, il occupe un poste à la cour et devient ensuite, à la demande d'Agrippine, le précepteur du fils de celle-ci et futur successeur de Claude : Néron.

    Conseiller malheureux

    Lorsqu'en 54, Néron devient empereur, Sénèque est toujours là et joue le rôle de conseiller politique. Après huit années de relative tranquillité, Sénèque est confronté à l'instabilité psychologique de Néron, qui l'écoute de moins en moins et, de plus en plus, n'en fait qu'à sa tête. Dépassé par la folie de l'empereur, il demande à se retirer et à quitter son poste. Il s'éloigne alors de Rome pendant trois ans et se consacre à la philosophie et à l'amitié : c'est durant cette période qu'il écrit nombre de ses traités parmi les plus connus. En 65, son nom se trouve cité bien malgré lui dans la conspiration dite « de Pison » dirigée contre Néron. L'empereur le force alors à se suicider. À l'instar de Socrate, Sénèque se trouve condamné à mort injustement. Comme lui, il boit la ciguë, mais après s'être tranché les veines... L'historien Tacite raconte ainsi, dans un passage très célèbre des Annales (XV, 60-66), la fermeté et le courage de Sénèque dans ses derniers instants (voir encadré) : un moment que de nombreux peintres classiques immortaliseront. L'oeuvre philosophique de Sénèque s'inscrit dans le cadre du courant qu'on appelle le stoïcisme, l'un des courants philosophiques majeurs de l'Antiquité avec l'épicurisme, le platonisme, l'aristotélisme ou le scepticisme. Le mot « stoïcisme » dérive de la stoa Poikilè, un portique à Athènes sous lequel enseignait Zénon, le fondateur grec de la philosophie stoïcienne au IVe siècle avant notre ère. D'abord axé sur la logique et la physique chez les Grecs, le stoïcisme se centre de plus en plus sur la morale et la sagesse pratique, en particulier chez les stoïciens romains comme Sénèque ou, un siècle après lui, l'empereur Marc Aurèle (121-180). Pour ces penseurs, la philosophie n'est pas d'abord un discours intellectuel qui aurait pour but d'expliquer le monde, mais une pratique existentielle qui a pour finalité de se changer soi-même, de vivre mieux son rapport à soi, aux autres et au monde. Un philosophe se reconnaît et se juge non pas à ce qu'il dit, mais à ce qu'il fait, à la manière dont il se comporte face aux événements et aux coups du sort qui peuvent, comme tout un chacun, l'accabler. Dans cette perspective de sagesse pratique, on peut insister sur trois idées directrices de la philosophie de Sénèque.

    La vie comme une bulle de savon

    La première idée sur laquelle il insiste souvent - que ce soit dans la première des Lettres à Lucilius (le nom du jeune homme à qui il dispensait des conseils de sagesse) ou dans le magnifique et court traité intitulé De la Brièveté de la vie (sans doute le mieux pour commencer si l'on n'a jamais lu Sénèque) - est que le temps nous est compté et qu'il passe toujours plus vite que nous ne pensons. À nous, donc, de bien l'employer, de le consacrer à ce qui nous semble le plus essentiel pour la construction de notre vie et à ne pas le perdre dans des occupations vaines : « Vous vivez comme si vous alliez vivre toujours, jamais vous ne songez à votre fragilité, vous ne considérez pas tout le temps qui est déjà passé ; vous le perdez comme si vous aviez un trésor inépuisable, alors que peut-être ce jour que vous donnez à un homme ou à une occupation quelconque est le dernier » (De la Brièveté de la vie, III, 4). Vivre chaque jour comme si c'était le dernier : ainsi résume-t-on parfois cette manière de voir (et de vivre) qui nous fait prendre conscience que nous n'avons qu'une seule vie, que nous ne la revivrons pas et qu'il est donc de notre devoir de l'employer le mieux possible. Contrairement à la plupart des êtres humains qui vivent dans l'inconscience du temps qui passe et se réveillent douloureusement lorsqu'il est trop tard, le sage vit, selon Sénèque, dans une conscience aiguë du temps qui rend possible une intensification de l'existence dans la considération même que celle-ci peut éclater comme une bulle de savon à tout instant. La deuxième idée sur laquelle insiste souvent Sénèque est celle de la maîtrise de soi. Les stoïciens mettent en effet au centre de leur dispositif éthique la volonté, cette faculté liée à la raison qui permet de relier l'homme au cosmos, c'est-à-dire à l'ordre de la nature. L'homme doit construire sa vie et non la subir, il doit faire primer la maîtrise intérieure sur la passivité à l'égard de l'extérieur. La sagesse est ainsi une tension éthique permanente qui rend possible une construction de soi : « Que l'homme ne se laisse pas corrompre par les choses extérieures ni dominer par elles et n'admire que lui, qu'il se fie à son énergie et se tienne prêt à toute éventualité ; qu'il soit l'artisan de sa vie ; que sa confiance n'aille pas sans quelque science, sa science sans fermeté : que ses décisions une fois prises soient sans appel et ses décrets sans rature » (De la Vie heureuse, VIII, 3). Sénèque insiste ainsi sur la « constance du sage » par opposition à l'inconstance et à l'instabilité de la plupart des hommes, ballotés et malmenés par les circonstances, à la fois par manque de volonté et par manque de raisonnement.

    Arracher le masque

    C'est pour cette raison - troisième idée - que le sage doit mépriser la douleur et la mort, comme l'a fait Sénèque lui-même lorsqu'il s'est tranché les veines devant Néron. Il faut aller au-delà des apparences et arracher aux choses leur « masque » pour les voir telles qu'elles sont : « À quoi bon me montrer ces glaives, ces flammes et cette foule de bourreaux qui gronde autour de toi ? Supprime cet apparat sous lequel tu te caches et qui effraie les faibles d'esprit : voilà, tu es la mort ; et il y a peu mon esclave, ma servante n'ont eu pour toi que du mépris. [...] Abandonne tous ces objets qui nous épouvantent ; fais taire les gémissements, les cris, les hurlements que poussent les malheureux en proie à la torture. Ce n'est que de la douleur [...]. Elle est légère, si je peux la supporter ; elle est brève si je n'y parviens pas » (Lettres à Lucilius, XXIV). Puissance de la raison sur l'imagination. Sénèque aura ainsi profondément contribué à forger, à travers ses écrits philosophiques, la figure du sage en Occident et les derniers instants tragiques de sa vie ont pu encore montrer le fait que la vérité de l'existence d'un philosophe (et de toute existence) se joue lorsqu'il est confronté à la mort - la sienne ou celle de ses proches. En nous rappelant à la brièveté de notre vie, à la façon dont nous employons notre temps, notre raison et notre volonté, il nous rappelle tout simplement à nous-mêmes et nous invite à vivre plus éveillés et plus conscients. Bref, à nous réapproprier notre existence ici, maintenant et à chaque instant. 

     

    Chronologie

    L'histoire romaine se divise en trois grandes périodes : la monarchie, la république et l'empire. La monarchie va de la fondation légendaire de Rome de 753 à 509 avant notre ère, où le septième (et dernier) roi de Rome, Tarquin le Superbe, est chassé de son trône par une révolte qui instaure la république. La république dure de 509 à 27 avant notre ère, quand Octave devient empereur sous le nom d'Auguste. Commence alors l'empire, de 27 avant notre ère jusqu'à la chute de l'Empire romain d'Occident, sous les coups de boutoir des invasions barbares en 476 de notre ère. La dynastie dite des « Julio-Claudiens » est la première à avoir régné sur l'Empire romain après la fin de la république. Cette dynastie comprend (par dates de règne) : Auguste (27 avant notre ère-14 de notre ère), Tibère (14-37), Caligula (37-41), Claude (41-54) et Néron (54-68). Jules César (le père adoptif d'Auguste) peut être considéré comme le premier de la dynastie des Julio-Claudiens même si le titre d'imperator avait avant tout, pour lui, une signification d'ordre militaire et non politique.

    La mort de Sénèque selon Tacite

    « Sénèque prit en vain ce breuvage [la ciguë] : ses membres déjà froids et ses vaisseaux rétrécis se refusaient à l'activité du poison. Enfin, il entra dans un bain chaud, et répandit de l'eau sur les esclaves qui l'entouraient, en disant : "J'offre cette libation à Jupiter Libérateur." Il se fit ensuite porter dans une étuve, dont la vapeur le suffoqua. Son corps fut brûlé sans aucune pompe, il l'avait ainsi ordonné par un codicille, lorsque, riche encore et tout-puissant, il s'occupait déjà de sa fin. » (Tacite, Annales, XV, 66)

    À lire

    Entretiens. Lettres à Lucilius Sénèque. Édition intégrale des écrits philosophiques (Robert Laffont, « Bouquins », 1993)
    De la Brièveté de la vie Sénèque. Nouvelle traduction (Payot, « Rivages Poches », 2016)
    Sénèque ou la conscience de l'empire Pierre Grimal (Fayard, 1978)

    Henri de Monvallier Professeur agrégé de philosophie, il a notamment publié Le Musée imaginaire de Malraux et Hegel (L'Harmattan, 2011) et Blanchot l'obscur ou la déraison littéraire (avec Nicolas Rousseau, Autrement, 2015).

     

    Lien vers l'article

    http://www.lemondedesreligions.fr/papier/2016/81/une-conscience-du-temps-seneque-28-12-2016-6014_232.php

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  • Voici un extrait de la préface écrite par Edouard Schuré du livre intitulé Le mystère chrétien et les mystères antiques de Rudolf Steiner (fondateur de l'anthroposophie et inspirateur des écoles qui portent son nom) qui explique pourquoi Nietzsche a sombré dans la folie et pourquoi la spiritualité est un élément important de notre équilibre psychique:

    "Mme Foerster conduisit Rudolf Steiner à la porte de l'appartement, où Nietzsche reposait sur une chaise longue dans un état comateux, inerte, hébété. Ce spectacle attristant eut pour R.Steiner quelque chose de significatif. Il y vit le dernier acte de la tragédie du surhomme manqué.

    L'auteur d'Au-delà du Bien et du Mal n'avait pas comme les réalistes de l'Impérialisme bismarckien, renoncé à l'idéalisme, car c'était un intuitif de génie, mais dans son orgueil individualiste il avait prétendu retrancher le monde spirituel de l'univers et le divin de la conscience humaine. (...).

    Steiner avait rendu justice à tout ce qu'il y a de génial dans les idées novatrices de Nietzche. Mais, ce vaincu de l'orgueil, ce suicidé de la négation, n'en fut pas moins pour lui un exemple tragique de l'anarchie d'une grande intelligence qui se détruit elle-même avec rage en s'arrachant le sens spirituel."

    Le Mystère chrétien et les mystères antiques, Rudolf Steiner, préface d'Edouard Schuré.

     

    Un article sur le même thème:

    Nietzche et la folie

     

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  • Article, extrait du MONDE DES RELIGIONS.

    Portrait

    Phakyab Rinpoché. La méditation, médecine interne

    En trois années de méditation, le lama Phakyab Rinpoché a guéri totalement d’une gangrène sévère. Son témoignage émouvant contribue au débat sur les bienfaits thérapeutiques de la méditation.

     

    Lorsqu’il nous reçoit avec un grand éclat de rire, dans une joie communicative, il est difficile d’imaginer les souffrances endurées par Phakyab Rinpoché. C’est avec une grande douceur que le lama tibétain accepte, plusieurs fois au bord des larmes, de confier son histoire.

    Né en 1966 dans une famille nomade du Kham, la région est du Tibet, celui que l’on surnomme « Yak Shelruk » – le « yak en haillons » – reconnaît lui-même avoir nourri, enfant, une « énergie débridée », mêlée pourtant très tôt à la certitude d’être singulier : « Intuitivement, je réalisais sans pouvoir en parler autour de moi, que j’avais un destin différent. » Ses souvenirs de jeunesse sous l’occupation chinoise sont marqués par des conditions difficiles : « Nous étions sous stricte surveillance, nous n’avions pas le droit de réciter des mantras, d’allumer des bougies, ou de faire des offrandes… »

    À l’âge de 13 ans, un rêve où lui apparaissent le Bouddha Maitreya (de la compassion) et Djé Tsongkhapa (un grand saint et érudit du XIVe siècle) bouleverse sa vie. Il s’en ouvre à sa grand-mère, surnommée affectueusement « Momola ». « Mon premier enseignement sur la voie du Bouddha, c’est d’elle que je l’ai reçu », se souvient Phakyab Rinpoché avec émotion. L’idée de devenir moine ne le quitte plus. Mais lorsqu’il fait part de son souhait à ses parents, ceux-ci lui déconseillent vivement de s’engager dans cette voie. « Mon père avait été témoin du bombardement d’un monastère. Il avait vu comment l’armée chinoise avait massacré tous les moines. »

    Torturé et jeté en prison

    Malgré les mises en garde de sa famille, l’adolescent reçoit l’ordination et commence sa formation au monastère d’Ashi, au Tibet oriental, avant d’être transféré à Sera Mey, au sud de l’Inde. En 1994, il est reconnu par le dalaï-lama comme la réincarnation du huitième Phakyab Rinpoché : une prestigieuse lignée de maîtres spirituels enseignant le powa ou transfert de conscience au moment de la mort. Mais en Inde, les conditions de vie des moines tibétains en exil sont de plus en plus difficiles. « Nous étions quatre dans une petite pièce, se souvient-il, et nous dormions sur des couches constituées de tiges de maïs que nous récupérions dans une décharge du village voisin. Au réveil, nous étions couverts d’insectes, de punaises ! »
    De retour au Tibet à la demande du dalaï-lama, il devient rapidement connu pour ses rituels tantriques visant à atteindre l’Éveil en ce corps même. Les représailles du gouvernement chinois ne se font pas attendre. En novembre 1998, il est convoqué au poste de police, reconnu coupable d’activités visant à déstabiliser la mère patrie. Pour éviter d’exposer les trois cents moines de son monastère d’Ashi à une descente de police, il les congédie. Le 28 janvier 1999, il est arrêté au domicile de ses parents, torturé et jeté dans une cellule de la prison de la préfecture voisine de Nagchu. « Les trois mois les plus difficiles de ma vie ont alors commencé. Les autorités voulaient me faire avouer que j’entretenais une correspondance avec le dalaï-lama mettant en danger la sécurité de l’État. » Admis à l’hôpital militaire voisin, il parviendra à s’évader. Il restera reclus pendant un an à Lhassa, avant de rejoindre l’Inde en avril 2000.

    Un message du dalaï-lama

    Atteint d’une gangrène sévère du pied droit, il décide de se réfugier à New York. « Lorsque je suis arrivé, je pouvais à peine faire deux pas, et n’arrivais pas à toucher mon pied. » Il apprend dans la foulée qu’il est atteint de tuberculose et de diabète. « Même en prison, je n’ai pas connu un tel sentiment d’anéantissement. La douleur et la dégradation restaient extérieures, je parvenais à demeurer intègre. La torture n’entamait pas ma capacité de résilience. Alors qu’à l’hôpital, la maladie me détruisait de l’intérieur. » Il est hospitalisé en urgence dans le service des survivants à la torture ; les médecins préconisent une amputation immédiate. Phakyab Rinpoché reçoit alors ce message du dalaï-lama : « Pourquoi cherches-tu la guérison à l’extérieur de toi ? Tu as en toi la sagesse qui guérit et une fois guéri, tu enseigneras au monde comment guérir ».
    Bouleversé par ces paroles, le maître tibétain commence une méditation spécifique, celle de « tsa-lung ». Il définit un programme dont il décide de ne pas changer jusqu’à sa guérison complète, trois ans plus tard. « Je pense que celle-ci est due à ma conviction profonde quant au pouvoir des pratiques que je faisais jour après jour, comme la méditation, les visualisations et les récitations. » Il réussit à soigner sa jambe infectée et au bout d’un an, il remarche par lui-même, à la grande surprise des médecins.

    Le Bouddha de médecine

    Depuis, fidèle à son engagement, il forme des méditants et leur transmet ces pratiques de tsa-lung. Et c’est la France, plus précisément la Normandie, qu’il a choisie pour fonder Menla Thödöl Ling, le « Jardin du Bouddha de médecine » afin d’initier un nouveau programme de trois ans sur les sciences internes de la guérison. « Son style d’enseignement est profondément lié à son expérience, tout en touchant l’être profond de chacun », témoigne la tibétologue Sofia Stril-Rever, sa traductrice.
    Phakyab Rinpoché participe aujour-d’hui à des protocoles de recherche sur les bienfaits thérapeutiques de la méditation, en espérant convaincre le monde médical de l’importance de l’esprit dans le processus de guérison : « La complémentarité entre les techniques médicales contemporaines et les sciences internes des sagesses ancestrales me semble une voie juste. » Une voie qu’il explore également avec de nombreuses organisations consacrées à la collaboration entre les sciences modernes et les différentes traditions du monde.

    Le regard apaisé qu’il porte aujourd’hui sur les épreuves qu’il a traversées force l’admiration : « J’ai été guéri physiquement, mais pas seulement : je me suis éveillé à l’amour et à la compassion universels, j’ai vraiment compris ce qu’était la pratique spirituelle, témoigne-t-il, visiblement ému. C’est pour cela que je ne ressens ni colère ni rancœur envers ceux qui m’ont torturé ; j’éprouve au contraire une immense gratitude à leur égard. »

     

    Citation de Phakyab rinpoché

    « La voie du cœur »

    « La méditation de l’ouverture du cœur concerne tant les bouddhistes que les non-bouddhistes car elle nourrit les valeurs humaines fondamentales d’amour, de bienveillance, de compassion, de pardon, de droits humains et de réconciliation. Sans l’ouverture du cœur, l’éthique reste désincarnée et risque de dévier vers l’intolérance.

    Seule la voie du cœur aide à toujours reconnaître le potentiel de bonté et de transformation qui est le propre de notre humanité. Si on a développé un amour inconditionnel, on reconnaîtra cette base aimante même chez les plus cruels d’entre nous, qui agissent de manière inhumaine par ignorance de leur vraie nature. »

     

    À lire

    Phakyab Rinpoché La méditation m’a sauvé (Cherche-midi, 2014).

     

    En quelques dates

    1966 | Naissance au Tibet.
    1979 | Ordination monastique.
    1999 | Arrestation par les autorités chinoises.
    2003 | Début d’une gangrène sévère au pied droit, départ pour New York.
    2006 | Guérison complète.

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  •  Le problème des hallucinations dans le domaine de la psychiatrie reste central et encore énigmatique: est-ce une illusion des sens? l'expression d'un sentiment intérieur? Un cauchemar éveillé troublant le sujet? C'est dire que les problèmes psychiatriques posent des questions philosophiques sur la notion d'illusion (de refuge dans un monde parallèle dans le cas de la schizophrénie) et de la vérité (voie vers la guérison?). Mais pourquoi l'être humain a-t-il besoin du refuge de l'illusion pour lutter contre une réalité parfois insupportable? Quels liens ces deux notions peuvent-elles entretenir? C'est ce à quoi une émission des nouveaux chemins de la connaissance se propose de répondre.

     

    Sujet de philosophie: L'illusion qui réconforte est-elle préférable à la vérité qui dérange?

     Correction proposée par les nouveaux chemins de la connaissance, prise de notes sur l'émission + remarques personnelles introduites dans le corps des notes (cf: référence au terrorisme et à Médée).

    -L'illusion peut avoir des vertus sociales (cf: Spinoza). L'illusion n'est pas un déni, mais un début de connaissance. On peut penser que ce n'est pas une pure négativité. Enfance = âge des mythes, des histoires qu'on se raconte et qu'on apprécie. Si on aime tant le cinéma, c'est qu'il y a une puissance derrière. On apprécie la fiction, surtout lorsqu'on le sait. Ex: On voit le soleil bouger autour de la Terre. C'est une illusion des sens.

    Illusion = forme de représentation du réel. Il est important de travailler la notion d'illusion. Pour Spinoza, l'illusion est une réalité partielle. Il y aurait à la compléter. Pourquoi voit-on cette chose ainsi?

    L'illusion vient de "ludere" en latin: "jouer". On peut aimer  jouer avec les illusions (cf: spectacle de magie, récit de qqn).

    Illusion = se tromper soi-même, apprécier l'artifice, le mensonge.

    -La vérité, c'est comprendre pourquoi on est dans l'illusion, avoir conscience du réel, savoir utiliser son libre-arbitre, être capable de bien orienter sa volonté (vers le Bien dirait Platon).

    A quoi tient l'illusion volontaire dans une dictature? Il n'y a pas d'illusion, sans un désir de croire. On sait que Staline n'est pas un Dieu vivant, mais on aime à le croire. Cf: Vertigo d'Hitchcock (SUEURS FROIDES). Policier qui sort du rang, parce qu'il a des vertiges. Il doit surveiller une femme, parce que l'homme qui l'engage, pense qu'elle est folle. Le policier va tomber amoureux de cette femme. En réalité, Madeleine n'est pas Madeleine. La vraie Madeleine est morte, tuée par son mari. Le policier va tomber amoureux de l'illusion de Madeleine (fausse identité). Le jeu de l'amour, c'est le jeu de l'illusion (cf: Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux).

    Par le biais de l'illusion, on peut arriver à une vérité qui réconforte. Cette illusion peut se retourner: plus vite sera la chute. Ne faut-il pas accepter dans un premier temps la dure réalité pour que la suite soit meilleure? La vérité nous permet d'atteindre le bonheur. L'illusion crée la déception à moyen terme et à long terme.

    La vérité porte sur qqch de dur dans son contenu, mais ce qu'elle apporte donne plus de puissance. Elle est dure au départ ("il n'y a que la vérité qui blesse", dirait l'expression), mais elle permet d'aller vers un avenir meilleur. Elle augmente la puissance de pensée et d'être. Elle pose les jalons d'une remise en question nécessaire vers plus de liberté et plus de bonheur. C'est en se confrontant à la vérité qu'on peut évoluer spirituellement et grandir de façon saine.

     On peut essayer de confronter la joie de l'illusion avec celle  de la vérité et les comparer. Pour comprendre la vérité, il faut créer des fictions qui rendent compte du réel. On peut envisager de mettre l'illusion au service de la vérité comme le fait La Fontaine dans ses fables qui utilise l'argumentation indirecte pour mieux nous convaincre et nous faire réfléchir sur les vices humains. Rappelons que ces fables étaient mises au service du Dauphin( fils du roi). Il s'agissait de l'éduquer de façon plaisante. Ne retient-on pas mieux ce qui nous a amusés?Le corbeau est pris au piège de l'illusion, lorsqu'il croit qu'on le complimente, alors qu'on le flatte. Il confond la vérité de la flatterie avec l'illusion du compliment. Il sera évidemment puni à la fin, parce qu'il s'est trompé et n'a pas su discerner le vrai du faux. Mettre le plaisir de l'illusion au service du vrai, voilà peut-être un bon compromis entre les deux notions.

    L'illusion est cependant dangereuse lorsqu'elle se fait passer pour la vérité, qu'elle en porte le masque, qu'elle ne sait pas son nom. Les terroristes qui détruisent ne suivent-ils pas l'illusion de Dieu? Dieu est vie, amour, joie. Il ne répand pas la mort autour de lui. Or, ces meurtriers sont persuadés de suivre une cause qui est fausse: aveuglés, c'est le Diable qu'ils servent, mais sans en avoir conscience, d'où la tragédie qui en résulte. Peut-être suivent-ils également les passions négatives de la vengeance et de la haine, comme Médée (histoire fictive qui parle avec véracité des émotions négatives humaines) qui broie tout sur son passage, lorsqu'elle se sent trahie. Elle tue la future épouse de Jason en lui offrant une robe empoisonnée (Créuse), le roi Créon (qui brûle dans les flammes de sa magie maléfique) et même ses propres enfants pour faire souffrir celui qui l'a trahie et pour qui elle a tout abandonné. Son attitude devient immorale, par désir de vengeance et de domination.

    L'illusion n'est pas dangereuse lorsqu'on ne croit pas qu'elle est la vérité. Confondre les deux, voilà le drame... L'illusion n'est alors qu'un réconfort à court terme qui masque les pires horreurs. Elle apparaît déguisée. Le châtiment arrivera donc tôt ou tard et la dure vérité reprendra le dessus.

     

    Prise de notes à partir de l'émission "Les Nouveaux chemins de la connaissance", sur le sujet mentionné en titre.

    http://www.ina.fr/audio/P14146177/bac-philo-l-illusion-qui-reconforte-est-elle-preferable-a-la-verite-qui-derange-3-3-audio.html

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