• Interview de Manon qui a réussi à surmonter sa maladie bipolaire.

     

    Manon, quand a commencé ta quête de Dieu ?

     

     

    Ma quête de Dieu a commencé dès ma plus tendre enfance. Alors que je n’étais âgée que de 5 ans, je rêvais déjà de Dieu qui, bien présent dans l’Univers, me protégeait des membres de mon entourage qui me voulaient du mal. Cela me rassurait de sentir que je n’étais pas seule. Puis, une fois devenue adulte, j’ai fait des rêves très poignants avec le Christ, qui était bien incarné, au point que je pouvais le toucher, Lui, vrai Dieu et vrai Homme ! C’était tellement bouleversant que depuis, je n’ai jamais douté que Jésus est le Chemin, la Vérité et la Vie. Donc Dieu s’est révélé à moi par le biais de rêves, puis au cours de mon parcours spirituel très exigeant mais magnifique fait d’amour, de pardon et de guérison.

     

    Quand as-tu compris que tu étais malade, et quels ont été les symptômes, pour toi, pour ton entourage ?

     

    J’ai compris que j’étais malade lorsque j’ai été alertée par des symptômes maniaques très angoissants, tels que la kleptomanie ainsi qu’une conduite automobile suicidaire, mettant en danger non seulement ma vie, mais aussi celle des autres. J’étais paniquée de perdre ainsi le contrôle de mes actes, mais, par Grâce, le Seigneur m’a toujours protégée même au coeur de mes phases maniaques !
    Quant à mon entourage, je vivais seule, mais ma famille se rendait compte de mes phases dépressives avec mes idées suicidaires, et mon refus de m’alimenter jusqu’à devenir anorexique, donc squelettique

     

    Lire la suite :

     

     

    https://www.infochretienne.com/entretien-avec-manon-corvoisier-chretienne-bipolaire-et-surdouee/

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    Jean Starobinski

    Jean Starobinski, critique littéraire et médecin (docteur ès lettres et en médecine), a voulu montrer que la mélancolie qu'on appelle aujourd'hui dépression, n'est pas seulement une maladie. Elle peut être une source de création. Cet état qui était lié, selon Hippocrate, à un dérèglement des humeurs et notamment de la "bile noire", dont le mot "mélancolie" garde une trace en son sens étymologique qui signifie "melan" "noir" et "colie/Khôlê" "bile" n'est pas qu'un état négatif. Rappelons que Jean Starobinski fut psychiatre et notamment interne de 1957 à 1958 à l'hôpital de Cery.Voici un article de l'EXPRESS qui en parle avec justesse.

     

    Jean Starobinski (né en 1920) est plus qu'un fin lettré, c'est une curiosité, bientôt une survivance d'une haute culture. D'abord, cette provenance biographique insolite : jeune interne en psychiatrie en Suisse, il publie sa thèse de médecine Histoire du traitement de la mélancolie (1960). Dans un mouvement parallèle qui va largement s'épanouir, il commence à questionner les grands textes, ce qui aboutit à son autre thèse, Jean-Jacques Rousseau : la transparence et l'obstacle (1957). Ce "médecin défroqué", formule qu'il récuse, est, sans conteste, un très grand critique littéraire. Non pas de ceux qui étouffent les textes sous les commentaires, les noyant dans une asphyxiante redondance, mais un maître qui aiguise leur puissance, leur intensité en stimulant le désir du lecteur. Dès l'aube de la littérature occidentale, ce thème de la mélancolie pèse sous la morne domination de Saturne, "le soleil noir de la mélancolie" (tiré du poème "El Desdichado" de Gérard de Nerval), d'Homère à Roger Caillois, de Baudelaire à Kafka.  

    Anxiété et abattement, mutisme, solitude et haine d'autrui, suicide accompagnent souvent l'homme d'exception. L'atrabilaire fait son entrée par la grande porte. Rappelons que pour les Anciens (Hippocrate ou Galien), c'est la néfaste bile noire macérant dans le bas-ventre qui diffuse d'épaisses vapeurs dans le cerveau, alourdissant le corps et déréglant l'esprit. Mais ce que le regard médical, dès l'origine, stigmatise comme un lourd déficit, une pétrification, un retrait, les écrivains vont en faire un atout, une toute autre façon de voir le monde et de le prendre à revers, une force. Le premier à faire la pirouette, c'est le philosophe atomiste Démocrite. Vivant loin d'Abdère, fuyant ses contemporains, il rit de tout (le mélancolique peut être pris de rires nerveux). Hippocrate, dépêché en urgence, doit poser son diagnostic. Démocrite n'est pas fou, il se moque, à s'en égosiller, des travers des Abdéritains travaillés par les vices et la vanité de ce monde. En 1621, paraît l'Anatomy of Melancholy de Robert Burton, une somme encyclopédique mais aussi une satire de ce théâtre d'ombres et de masques qu'est la vie de l'homme social, adepte systématique du faux-semblant. Baudelaire, à force de labeur, transforme sa triste rêverie vaporeuse en rêve, matière précieuse et première de sa poésie. La leçon est limpide. Qu'importe la maladie, ce qui compte, c'est de savoir ce qu'on en fait. La littérature le fait. 


    Lien vers l'article de l'express
    En savoir plus sur:
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    Pour revenir aux sources.
     
    Jean Starobinski a rédigé un ouvrage intitulé "Histoire du traitement de la mélancolie des origines à 1900", publié en 1960 dans la préface duquel il parle de ses recherches. A nouveau, nous pouvons nous rendre compte qu'il n'y a pas forcément de frontières entre les disciplines, lui qui se sert de la littérature pour expliquer l'humain et tenter de le soigner. Il est docteur ès lettres et docteur en médecine. Il possède une expérience de médecin et de psychiatre en plus d'avoir enseigné la littérature. Voici la préface qu'il a rédigée:
     
    La bibliographie accompagnant l’Histoire du traitement de la mélancolie des origines à 1900 a été établie en 1960. Cet ouvrage fit partie de la série des Acta psychosomatica édités par les soins de la firme pharmaceutique Geigy de Bâle. A la fin d’une période où j’avais été médecin interne (1957-1958) à l’Hôpital Psychiatrique de Cery près Lausanne (directeur Hans Steck), il m’avait semblé opportun de jeter un regard sur l’histoire millénaire de la mélancolie et de ses traitements. L’ère des nouvelles thérapeutiques médicamenteuses venait de s’ouvrir. Le but de ce petit livre destiné à des médecins était de les inviter à prendre en considération la longue durée dans laquelle s’inscrivait leur activité.

    Après une licence ès lettres classiques à l’Université de Genève, j’avais entrepris en 1942 des études conduisant au diplôme de médecine. Des fonctions d’assistant de littérature française à la Faculté des Lettres de Genève ont cependant maintenu le lien avec le domaine littéraire. Un projet de thèse sur les ennemis des masques (Montaigne, La Rochefoucauld, Rousseau et Stendhal) se profilait tandis que j’apprenais à ausculter, percuter, radioscoper. Les études médicales achevées (1948), je fus pendant cinq ans interne à la Clinique de Thérapeutique de l’Hôpital Cantonal Universitaire de Genève. La double activité médicale et littéraire se prolongea au cours des années 1953-1956 passées à l’Université Johns Hopkins de Baltimore. Mais cette fois l’activité principale fut l’enseignement de la littérature française (Montaigne, Corneille, Racine) que doubla néanmoins une présence régulière aux grandes visites et aux confrontations clinico-pathologiques du Johns Hopkins Hospital. Je pus bénéficier des ressources de l’Institut d’Histoire de la Médecine où enseignaient Alexandre Koyré, Ludwig Edelstein, Owsei Temkin. Et j’eus l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises le neurologue Kurt Goldstein, dont les travaux avaient tant compté pour Maurice Merleau-Ponty. De ce séjour à Baltimore résultèrent une thèse de littérature française : Jean-Jacques Rousseau : la transparence et l’obstacle (Paris, Plon 1957, puis Gallimard, 1970), et la première ébauche d’une étude sur Montaigne qui ne prit sa forme complète que dans une publication plus tardive (Montaigne en mouvement, Gallimard, 1982).

    Je relate ces diverses étapes de mes jeunes années pour dissiper un malentendu. Je suis souvent considéré comme un médecin défroqué, passé à la critique et à l’histoire littéraires. A la vérité, mes travaux furent entremêlés. L’enseignement d’histoire des idées qui me fut confié à Genève en 1958 s’est poursuivi de façon ininterrompue sur des sujets qui touchaient à l’histoire de la médecine, et plus particulièrement de la psychopathologie.

    J’avais conçu l’Histoire du traitement de la mélancolie comme une introduction générale à un exposé plus spécialisé, qui eût établi un bilan des procédés récents : électrochoc, administration des tricycliques. Pour cette étude qui devait compléter la mienne, l’auteur pressenti était le professeur Roland Kuhn, directeur de la Clinique psychiatrique cantonale de Münsterlingen, Thurgovie. Il détenait en ce domaine une insigne avance, ayant été le premier à administrer en double insu l’imipramine (tofranil) à un groupe important de patients. Mon étude s’arrêtait à la date de 1900 pour ménager le passage du témoin. Dans cette perspective, j’ai laissé la psychanalyse hors du champ de mon étude. La répartition des tâches semblait s’annoncer de façon tout à fait heureuse. Roland Kuhn était non seulement un excellent clinicien, mais sa largeur de vues, ses liens étroits avec Ludwig Binswanger et avec l’école phénoménologique lui auraient permis d’évaluer avec beaucoup de précision et de nuances les résultats obtenus par le traitement médicamenteux. A mon grand regret, les responsabilités dont il était alors chargé ne lui permirent pas d’entreprendre la rédaction d’un « état présent » qui eût constitué le second volet du diptyque. Mon travail d’historien n’a donc pas trouvé son débouché dans une discussion sur les problèmes d’actualité.

    De mon entreprise, qui fut une thèse de doctorat en médecine, il est resté un exposé narratif, presque un récit, et qui demeure en suspens à la date fatidique de 1900. Cette façon de rappeler ce qui a été pensé et formulé avant nous sur un grand sujet appartient au genre de l’«érudition doxographique», qui n’a pas très bonne presse aujourd’hui. Cela fait un peu trop penser aux « historiques » stéréotypés, obligatoirement mis en tête de la plupart des thèses routinières. Je crois cependant que les dossiers documentaires ont leur vertu. Ils sont d’autant plus nécessaires lorsque la réflexion porte sur la figure qu’a prise la mélancolie au long des siècles, c’est-à-dire sur les formes dans lesquelles la souffrance psychique a été interprétée : elle fut liée à d’anciens mythes (Kronos), à toute une imagination matérielle (la bile noire, sèche et froide), à la spéculation astrologique, à divers systèmes médicaux (humorisme ou solidisme) qui ont laissé d’innombrables traces dans les littératures et les arts. A l’âge des inventaires nosographiques, la mélancolie s’est déclinée en un très grand nombre d’espèces morbides, jusqu’à rendre suspect son propre nom . Esquirol n’est pas parvenu à lui substituer « lypémanie ». La « dépression », la « maladie bipolaire » ont désormais statut scientifique, reléguant « mélancolie » aux confins de la littérature.

    Quel que soit le point de départ que l’on choisisse dans la longue carrière de la mélancolie, il s’entoure d’un réseau indéfini d’associations. Je pense en particulier à la superbe étude Dürers Melencolia I d’Erwin Panofsky et Fritz Saxl, parue en Allemagne en 1923, qui déploie toute l’anthropologie et la cosmologie de la Renaissance à travers l’interprétation de la fameuse gravure allégorique de Dürer. Ce fut un exemple particulièrement heureux des résultats que l’on peut attendre de l’enquête iconologique. Après les décennies de la tragédie européenne, ce livre a reparu, considérablement accru, dans la version anglaise intitulée Saturn and Melancholy, dont l’édition fut assurée en 1964 par le philosophe Raymond Klibansky. Il n’a pu figurer dans ma bibliographie de 1960. La traduction française, par Fabienne Durand-Bogaert et Louis Evrard devait paraître chez Gallimard en 1989. J’ai souvent cité ce livre en exemple, quand j’ai tenté de définir un comparatisme élargi, dont la pratique aboutirait à un savoir qui, sans même y viser, serait en même temps une œuvre de poésie.

    Il m’incombe toujours de donner son complément à l’Histoire du traitement de la mélancolie. Mais ce complément ne sera pas strictement médical. Ce qui survivra de mon ancien travail reparaîtra dans un contexte d’études prenant appui sur des œuvres et des problèmes littéraires. Ce prochain livre s’ajoutera à des études que j’ai publiées sur le même sujet : Trois Fureurs (Gallimard, 1974) ; Montaigne en Mouvement (Gallimard, 1982) ; La Mélancolie au miroir. Trois lectures de Baudelaire (Julliard, 1989); Action et réaction, Vie et Aventures d’un Couple (Seuil, 1999) notamment au chapitre 4, « Pathologies réactionnelles », où j’examine la notion de « dépression réactionnelle » apparue dans le langage de la psychiatrie au début du vingtième siècle. Sur ce dernier livre, j’ai eu l’occasion d’apporter de nouvelles remarques lors d’un entretien avec Bernard Granger et François Ménard, paru dans PSN Psychiatrie, Sciences Humaines, Neurosciences, Volume 2, n° 3, Paris, mai-juin 2004, p. 9-19.

    Pour l’établissement de la bibliographie, j’avais bénéficié des ressources de la Bibliothèque Publique et Universitaire de Genève, de l’Universitätsbibliothek de Bâle, ainsi que de celles que m’offrait la Bibliothèque de l‘Hôpital Universitaire de Cery. Je leur renouvelle mes remerciements. Les collections de ces bibliothèques s’accroissent aujourd’hui autant dans le domaine de la clinique et de la recherche scientifique que dans celui de l’histoire de la psychiatrie. Une mise à jour allongerait considérablement les pages de répertoire concernant les travaux récents. Historiens, psychologues, sociologues, essayistes ont voué une considérable attention au sujet depuis une quarantaine d’années. Le récit autobiographique de William Styron Darkness visible, New York, Random House, 1990 (tr.fr. : Face aux ténèbres, Paris, Gallimard), a pris rang de témoignage classique. Le très important ouvrage du psychiatre danois August Wimmer (1916) qui accrédita la notion de « dépression réactionnelle » peut être lu désormais dans la traduction anglaise de Johan Schioldann : Psychogenic psychoses, Adelaide, Adelaide Academic Press (South Australia), 2003.

    Lien vers la version numérisée de cette préface:
     
    Bibliothèque numérique médica:
     

     

     

     

     

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  • <figure class=" ob-pull-left ob-media-left ob-img-size-300 "> La dépression: la difficulté d'être soi? </figure>

    Selon un rapport publié en mai 2014 par l'OMS (l'organisation mondiale de la santé) la dépression serait la cause N°1 des maladies des adolescents (entre 10 et 19 ans) dans le monde. Mais d'où provient cette douleur?

    Plusieurs hypothèses s'offrent à nous:

    -un conflit entre le permis et l'interdit?

    -la douleur de la responsabilité :admettre ses fautes, les assumer et supporter les conséquences de ses actes dans un monde où la morale est fluctuante et où les repères sont fragiles?

    -Sommes-nous capables de répondre à ses questions: comment agir? Qui devenir? Que choisir? De là peut naître le sentiment d'une insuffisance, de n'être pas à la hauteur de ses choix, de manquer de confiance en soi, de ne pas parvenir à agir. De ce déséquilibre intérieur peut naître la dépression.

    -Insécurité identitaire? Qui sommes-nous? Qu'aimerions-nous être?

    La thèse de Freud

    Selon Freud, « le sentiment de culpabilité » est « le problème capital du développement de la civilisation », il se manifeste sous forme de « besoin de punition ». La névrose est une pathologie de la culpabilité dont le noyau est un conflit entre le permis et l’interdit.

    Une explication sociologique

    La dépression émerge dans un contexte de changement normatif qui devient sensible au cours des années 1960 et surtout des années 1970. L’amélioration des conditions matérielles, de l’éducation et de la protection sociale ont ébranlé l’ancien système normatif et ont offert une indépendance nouvelle à chacun. Au règne de l'obéissance a succédé celui de l'action et donc de la responsabilité, notion qui pose problème. Sommes-nous assez forts pour assumer les conséquences de nos actes?

    Selon le philosophe Alain Erhenberg, "la dépression est une pathologie de la grandeur. Elle n’est pas déclenchée par la vieille culpabilité bourgeoise et la lutte pour s’affranchir de la loi des pères, mais par la peur de ne pas être à la hauteur de ses propres idéaux et par l’impuissance qui en résulte. La dépression est donc la contrepartie de la démocratisation de l’exceptionnel, de cette quête de n’être que soi-même qui est le premier vecteur de redéfinition de l’individualité."

    A l'importance de la discipline a succédé celle de l'autonomie, de notre capacité à être nos propres guides.Or, cela s'apprend par l'éducation notamment et lorsque celle-ci est défaillante, un conflit intérieur peut se déclencher. De plus, dans une société où tout semble facile au premier abord -une société de consommation, de loisir- nous ne sommes pas habitués à travailler sur nous-mêmes, à gérer notre esprit, à lui proposer une nourriture qui le satisfasse véritablement, lui permette d'être serein, de chasser ses angoisses. On ne nous apprend pas à gérer la douleur intérieure. C'est probablement la réflexion qu'il faudra amorcer pour notre avenir si nous voulons que cette maladie ne décime pas une bonne partie de notre population, puisqu'elle engendre des troubles physiques et peut même conduire au suicide.

    Qu'en dit la psychiatrie?

    La psychiatrie met l’accent sur la notion d’inhibition qui devient le concept cardinal de la dépression au début des années 1980 : c’est sur elle plus que sur la douleur morale et la tristesse, montre-t-elle expérimentalement, qu’agissent les antidépresseurs. La dépression est alors moins une passion triste qu’une action insuffisante.

    Une définition de la dépression selon le SMPG

    Un épisode dépressif est défini, d’après une enquête « Santé mentale en population générale (SMPG) »(1), comme la persistance chez l’individu d’au moins quatre symptômes décrits par les classifications internationales. Au choix : tristesse, diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir, réduction de l’énergie, augmentation de la fatigabilité, troubles de l’appétit ou du sommeil, ralentissement ou agitation psychomotrice, sentiment d’infériorité ou de culpabilité inappropriée, difficultés de concentration, idées noires, plus de rêves pour soi et avec l'autre… (Pierre-Henri Tavoillot)

    (1) Le SMPG est le centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la santé et direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (1999-2003).

    Comment y remédier?

    Chacun trouvera bien sûr sa réponse. Il n'y a pas de vérités universelles en ce domaine.

    • Mais au vu des constats qui ont été faits et qu'il faut adapter à chaque individu, on peut penser que le développement de la confiance en soi, en se donnant des objectifs réalisables qui ne nous conduisent pas à des situations d'échec, en étant un peu moins orgueilleux et un peu plus humbles, peuvent nous aider à aller mieux .
    • Par ailleurs, le développement des recherches dans le domaine de la psychiatrie -encore trop délaissées aujourd'hui- pourrait permettre de soigner ces difficultés qui traversent l'être, en oubliant un peu l'avoir -trop dominant aujourd'hui-.
    • On peut penser aussi que la réflexion sur la bonne action pour soi peut être un moteur positif. Elle reste à trouver. Elle n'est pas comme une recette de cuisine, elle demande à chacun de savoir se diriger en soi et de faire, en tentant de réussir, en se complimentant d'avoir agi et en acceptant aussi les erreurs inhérentes auxquelles nous conduisent nos actions.

    Pour conclure, en l'absence d'une morale affirmative et un peu directive, l'homme est perdu en lui, ne sait pas gérer sa liberté et cela crée un mal-être, un malaise dont la dépression serait un symptôme.

    Possibilité de débat: Quelles seraient vos solutions? Vos propositions? Un débat pourrait être organisé autour de ces questions. Qu'Est-ce qui aide à aller mieux? Quelles expériences tenter? Comment lutter contre la dépression et les idées noires?

    Témoignage d'un adulte ayant souffert de dépression:

    "J'ai fait l'expérience de plusieurs dépressions, j'ai pris des antidépresseurs mais je n'ai pas l'impression que ça m'ait servi à grand chose. En fait, j'ai été déprimé quand les difficultés s'accumulaient et que je ne voyais aucun moyen de m'en sortir. Ces difficultés étaient d'ordre psychologique et matériel et personne n'avait de solution, personne ne me comprenait ni tentait de m'aider. Je me suis retrouvé seul à ruminer mes idées noires et à me voir finir à la rue ou mourir. C'est la perspective du néant. Je ne sais pas comment je m'en suis sorti exactement, peut être en faisant abstraction de certaines choses et en m'intéressant à d'autres. Il y a une part de mystère. La méditation ou la prière peuvent aider et aussi l'exercice physique, l'hygiène de vie. Il faut aussi compter sur sa bonne étoile.

    Dans ce genre de cas, on se retrouve souvent seul car les gens ordinaires fuient la maladie, les amis se détournent, on ne peut pas compter sur grand monde, c'est un constat général, on pourrait interroger beaucoup de personnes qui diraient la même chose. La dépression fait fuir, toutes les maladies d'une manière générale, mais les maladies psychiques sont encore pires. La foi aide, bien sûr mais il faut la conserver ce qui au fond du désespoir n'est pas donné à tout le monde. "

    A la lecture de ce très intéressant témoignage, on peut en déduire que développer l'espoir et la solidarité dans notre société sont d'une grande importance, le désir et la Foi peut-être pour combattre le néant.

    On peut s'interroger aussi sur l'intérêt de remplacer un manque humain (tel que l'absence de solidarité) par une substance chimique. Les antidépresseurs ont-ils le pouvoir de combler l'absence de chaleur affective d'un monde devenu parfois trop mécanique?

    Je préfère voir se profiler à l'horizon des montagnes à franchir plutôt que la fatalité.

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  • Qu'est-ce que la dépression?


    Dans son excellent ouvrage "Le chemin le moins fréquenté" Scott Peck, psychiatre américain (né en 1936 à New York et mort en 2005 dans le Connecticut) nous explique pourquoi l'homme parfois se retrouve dans un état de dépression. Plutôt que de vouloir soigner par les médicaments, peu développés à l'époque (le livre fut rédigé en 1978), il se consacre au travail intérieur, à l'introspection comme source de guérison. Il n'appartient à aucune école et ne prône aucun dogme. Les exemples qu'il donne dans son ouvrage sont issus de son expérience de psychiatre et de sa propre vie, lorsqu'il estime avoir eu lui-même des troubles du caractère. Ses explications sont très pédagogiques et d'une immense clarté.

    Scott Peck explique que la dépression au contraire des idées reçues n'est pas un état malsain, à éviter. Il pense même que c'est une preuve de santé. Pourquoi? Tout simplement, parce que tout homme à chaque moment de sa vie doit réviser ce qu'il appelle sa carte de la vie, doit opérer des changements en fonction des nouvelles données. La dépression vient du sentiment pénible d'une exigence de renoncement à notre ancien moi. Elle est donc la voie vers la renaissance, lorsque ce changement NECESSAIRE s'opère.

    "L'équilibre est une discipline, précisément parce que le renoncement est douloureux."

    L'idée de Scott Peck, c'est de montrer qu'il faut parfois renoncer à une partie de soi pour avancer et aller vers meilleur pour soi. Il donne l'exemple d'une partie d'échec qu'il a un jour commencé avec sa fille. Il voulait absolument gagner et passait des heures à réfléchir, sa fille fatiguée par son comportement, se mit en colère et partit. S'ensuivit chez lui un sentiment de profonde déprime. Puis, en y réfléchissant bien, il se rendit compte qu'il lui fallait renoncer à sa volonté de gagner pour mieux réussir ses relations avec ses enfants. Ce changement ne s'opéra pas sans effort, sans douleur, mais il était nécessaire.

    Il dresse une liste rapide de ce dont il faut réussir à se débarrasser( chacun pouvant établir sa propre liste):

    -l'état d'infantilisme dans lequel aucune demande extérieure n'a besoin d'être satisfaite

    -l'illusion de l'omnipotence

    -le désir d'une possession totale (y compris sexuelle) de ses parents

    -la dépendance de l'enfance

    -les images fausses que l'on a de ses parents

    -la liberté de l'adolescence

    -la "liberté" du non-engagement

    -l'agilité de la jeunesse

    -le fantasme de l'immortalité

    -l'autorité sur ses enfants...

    En somme, le processus de renoncement à son ancien moi entraîne la dépression. Ce qu'il est important de faire, c'est d'accompagner ce changement, d'où le rôle du psychothérapeute pour ceux qui n'y parviennent pas seuls. Cette évolution peut être représentée symboliquement comme la transformation de la chrysalide en papillon.

    "Puisque les humains mentalement sains doivent évoluer et puisque l'abandon de l'ancien moi fait partie intégrante de l'évolution spirituelle et mentale, la dépression est un phénomène normal."

    Scott Peck "Le Chemin le moins fréquenté", p.70

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  • <figure class=" ob-pull-left ob-media-left ob-img-size-300 "> Dépression et estime de soi </figure>

    La dépression est une perte d’estime de soi. Quand on est déprimé, on est certain que l’on ne vaut plus rien, que tout ce qu’on pourrait entreprendre est voué à l’échec. D’ailleurs, on n’entreprend plus rien, on se laisse aller au désespoir, plus rien n’a de sens, la vie ne vaut plus la peine d’être vécue, l’avenir est noir.

    Gagner l’estime de soi suppose qu’on ne place pas la barre trop haut ni trop bas. Trop haut nous conduit à l’insatisfaction et à l’échec, au découragement, car on ne peut pas relever le défi qu’on s’est fixé. Trop bas nous condamne à nous sous-estimer, à perdre confiance en soi.

    Quand on est déprimé, on s’intègre mal ou pas aux différents groupes qui nous entourent. Ils nous renvoient alors une image négative, un rejet qui nous enferme dans un cercle vicieux. Plus on est déprimé, plus le groupe nous rejette et plus on se sent indigne des autres et de la vie.

    Comment reprendre confiance ?

    Il faut gagner l’estime de soi, se fixer des objectifs raisonnables et reprendre progressivement confiance. C’est bien sûr plus facile à dire qu’à faire. Quand on est au plus profond de la dépression, on n’a plus aucune envie de progresser, tout semble vain, d’ailleurs la vie nous le confirme à chaque instant. Les antidépresseurs peuvent permettre de franchir un seuil et de reprendre pied mais il faut continuer à se battre après, pour ne pas sombrer à nouveau.

    L’estime de soi est un combat de tous les jours. On doit noter les progrès que l’on fait, ne rien négliger, tout pas accompli est une victoire. Il faut l’apprécier et se fixer d’autres objectifs. Bien sûr, tout n’est pas linéaire et l’amélioration n’est pas constante. La vie nous réserve parfois ou souvent des mauvaises surprises et on peut rechuter.

    Il est important de considérer les échecs à leur juste valeur. Ne pas s’en rendre coupable mais ne pas non plus s’excuser de tout. On n’est pas responsable de la méchanceté du monde mais le monde n’est pas non plus éternellement ni uniformément méchant. On doit apprendre à bâtir des relations avec un cercle d’amis, leur faire confiance et leur confier des choses.

    Plus on est en confiance, plus la relation est riche et on peut reprendre espoir en la vie. Ne pas négliger ses amis est essentiel, leur envoyer des signes qui montrent qu’on pense à eux. Ne pas les assommer avec notre désespoir tout en leur confiant des choses, un peu au début, puis de plus en plus, au fur et à mesure que la confiance se crée et s’enrichit.

    Quand on n’est plus seul, on peut se réjouir de compter pour certains et on s ‘aperçoit qu’il n’est pas nécessaire de plaire à tout le monde (barre trop haute) ni de déplaire à tous (barre trop bas).

    La difficulté est bien sûr quand on est déprimé de trouver des personnes à qui faire confiance et qui s’intéressent à soi. On peut essayer de reprendre contact avec d’anciens amis ou avec sa famille. On peut aussi faire l’effort de connaitre de nouvelles personnes et apprendre petit à petit à cultiver des relations positives.

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