• La communication non violente à l'épreuve de la "maladie psychique"

       Rosenberg dans la conférence que vous trouverez ci-dessous dans la vidéo n'aime pas le mot de maladie psychique. Il pense que ce que nous appelons "maladie psychique" est en réalité l'expression d'une souffrance qui peut être liée à notre éducation. La communication non-violente permet d'aborder les gens qui souffrent, sans les considérer comme des malades. On les considère donc comme des gens qui souffrent à cause d'une éducation malheureuse.

      Par une autre communication, on arrive à une guérison de l'éducation par laquelle ils sont passés. Il est important d'éduquer les gens en terme de ce qu'ils sont. Il faut aussi se demander comment sont les autres et s'ils sont ou non appropriés et ce que les autres pensent de nous. Eduquer les gens de cette façon-là fait de nous des gens morts-vivants. Faire de nous, des gens morts-vivants, c'est permettre à la société de faire de nous ce qu'elle veut. Quand les gens souffrent de vivre dans cette structure-là, on les déclare malades mentaux.

      Les êtres humains ont un côté violent et égoïste. On a tendance à vouloir contrôler les autres mais avec quels moyens? le système de la punition et de la récompense. Ce système entraine un système de jugements moraux (savoir ce qui est bon et ce qui est mauvais pour l'autre). Il faut que les gens se haïssent et se haïssent suffisamment pour avoir envie de changer.

      Rosenberg voudrait introduire une langue différente, qui rende la vie plus agréable. Cette langue met l'attention sur deux points:

    1)Qu'est-ce qui est le plus vivant en nous?

    2)Qu'est-ce qui nous rendrait la vie plus merveilleuse?

    3)Quels sont nos besoins?

    Des parents ont demandé à Rosenberg d'aller voir leur fille dans un hôpital psychiatrique. Cette jeune fille ne parlait plus depuis 3 mois. Les parents ont voulu voir si la méthode de Rosenberg pouvait marcher. Rosenberg demande qu'on sorte la fille de l'hôpital afin qu'il puisse parler avec elle. Pour lui, l'institution est négative. Rosenberg veut la voir afin de voir comment lui rendre la vie plus belle. Les parents ont amené la jeune fille. Ses yeux regardaient le sol et ses mains tremblaient. Que cette personne utilise des mots ou non, Rosenberg se met en lien avec ce qui est vivant en elle: ses sentiments notamment. Il a essayé de voir quels étaient ses besoins et non de la juger et de voir ce qui ne tournait pas rond en elle.

    Comme elle restait silencieuse, il a essayé de mettre en avant ce qui était vivant en lui. Elle ne répond toujours pas. Il a continué ainsi pendant 40 minutes. A la fin, il était éreinté. Il le lui a dit. Il a expliqué qu'il avait besoin de repos. Il lui a demandé si elle serait d'accord de revenir. Elle ne répond pas. Le 5ème jour, elle lui a envoyé un nouveau message non verbal: elle a détourné sa tête de lui en faisant un bruit. Il lui a demandé si elle ne voulait plus revenir. Elle a brandi son poing vers son visage. Elle avait un message dans sa main. Il a dû forcer ces mains pour ouvrir la main: "S'il vous plait, dites-moi ce qu'il se passe en moi." C'est cela le processus: rester en lien avec ce qui est vivant chez les autres, révéler ce qui est vivant en nous et ce qui nous rendrait la vie plus belle. Partager honnêtement ce qui est vivant en lui. Il en a parlé aux psychologues et psychiatres qui se sont moqués de lui. On lui a reproché de mettre en avant son narcissisme. Un médecin a critiqué ce reproche et a parlé de projection de la femme sur Rosenberg. La connexion qu'il établit avec ceux qui souffrent de maladie psychique n'est pas différente de celle qu'il établit avec les autres.

    Ce qui accélère le processus de guérison, c'est lorsque Rosenberg joue le rôle de la personne qui a fait souffrir le patient. Ce qu'il veut, c'est se mettre en lien avec l'humanité de la femme souffrant de maniaco-dépression. Il pense qu'il faut éviter de revenir sur le passé. Il croit que la guérison intervient lorsqu'on entre avec ce qui est vivant en nous aujourd'hui, en lien avec le passé. Avec la communication non-violente, il n'entend pas ce que les autres pensent de lui, uniquement ce qui est vivant en eux.

     

     

     

    Vidéo concernant le sujet:

     

     

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  • Que gagne-t-on à travailler? (Sujet de philosophie)

    Pourquoi travailler est-il nécessaire pour l'épanouissement? Ne dit-on pas que le travail, c'est la santé? Doit-on confondre travail et labeur? Le second mot renvoyant à la pénibilité, à la contrainte de ce qui demande des efforts. Enfin, peut-on sortir gagnant d'une activité qui nous demande concentration et exigence? La vraie liberté ne s'obtient-elle pas dans la maîtrise de soi, de ses émotions intérieures et donc d'un travail sur soi?

    A l'origine du mot "travail": une histoire plutôt inquiétante

    Originellement  le travail est perçu comme un châtiment divin: Adam est expulsé du paradis et condamné à travailler pour avoir mangé du fruit de l'arbre défendu, tandis que sa femme Eve accouchera dans la douleur et que le serpent mangera la poussière. Le mot vient du latin "tripalium" qui désigne un instrument de torture. Le travail, source de souffrance, s’oppose alors au jeu. Avec la révolution industrielle, le travail est revalorisé : il permet la satisfaction des besoins vitaux, l’augmentation de la richesse et donc l’essor des nations, mais aussi la socialisation et la réalisation de soi. Aidé par le développement de la technique (passage de l’outil, simple prolongement du corps, aux machines), le travail perd une grande part de sa pénibilité. Pourtant l’exigence de productivité et de rentabilité brise cet élan libérateur : le travail est de plus en plus exploité tandis que la technique, toujours plus puissante, aliène l’homme. Il suffit de penser à l'usage compulsif du téléphone portable pour s'en convaincre. 

    La valeur du travail

    Il semble cependant constituer une activité nécessaire à la réalisation de l'homme. Son contraire "ne rien faire", rester oisif paraît être un obstacle à l'épanouissement de soi, à la construction de nos rêves dans la réalité. Travailler, c'est faire, c'est agir sur le monde pour le transformer. Il nous permet de gagner notre indépendance, de sortir du giron familial pour faire sa vie et être autonome. Il a donc le pouvoir de nous permettre de gagner notre liberté et de voler de nos propres ailes.

    Travailler, c'est assurer notre survie

    Le travail a cependant un sens ambivalent. La partie de cette réflexion est tirée de Philosophie magazine:

    D’abord, l’expression" gagner sa vie" peut être entendue en son sens le plus littéral. Le salaire ne constitue pas de l’argent de poche. Il représente d’abord la somme qui nous est nécessaire pour vivre. Il est ce qui nous permet de nous loger, nous nourrir, nous vêtir. Le travail est donc lié à la vie. Nous travaillons, car ce dont nous avons besoin pour satisfaire les besoins liés à la survie, ne nous est pas donné immédiatement, nous devons le produire et c’est à cela que sert le travail. Voir par exemple Hannah Arendt,Condition de l’homme moderne.

    -      Mais le salaire n’est pas un don. Il ne fait que compenser l’énergie et le temps dépensés pour travailler. Au final, l’opération est donc nulle : ce que je gagne (mon salaire) est reçu en échange de ce que je donne (mon temps, mon énergie, ma santé parfois). Il s’agit d’un échange, que Marx dans le Capital, qualifie même d’équitable juridiquement. Or un échange parfait, au sens strict, suppose une égalité absolue entre les deux biens échangés, sans perte ni profit. Je ne gagne donc rien en travaillant puisque ce que je reçois n’est en réalité qu’une compensation de ce que j’ai donné, pas un gain au sens strict.

    -      Cela est d’autant plus vrai que le salaire « gagné » doit être immédiatement utilisé. En effet, nous ne produisons pas seuls ce qui est nécessaire à notre survie. Par mon travail, je ne peux imaginer produire tout ce qui est nécessaire pour combler mes besoins. Je suis aussi dépendante du travail des autres qui complète le mien. Ainsi, le travail comme activité productrice s’insère dans la sphère économique des échanges. Ce qui est ainsi produit et gagné est donc immédiatement réinvesti pour obtenir du travail des autres ce dont nous avons besoin pour vivre. Ainsi, l’opération est nulle. Aussitôt gagné, mon salaire est dépensé pour assurer ma survie. Voir par exemple Platon, La République sur la spécialisation et la division du travail.

    Travailler pour se réaliser

     Mais nous ne pouvons en rester à cette vision neutre de la notion de travail, celle qui consiste à dire qu'on ne gagne rien par le travail ni financièrement, ni intellectuellement, ni spirituellement. Ce dernier est bien  l'effort que nous produisons pour nous élever au-dessus de notre condition initiale, nous transformer et devenir meilleur. Le travail est une activité productrice au terme de laquelle on réalise quelque chose. Il représente donc une activité qui nous sauve et nous permet de changer le réel pour lui permettre de coller à nos rêves ou de tenter de les atteindre. Il est aussi une possibilité de sortir de nos illusions en nous confrontant au réel: travailler, c'est être pragmatique, c'est rendre un service, c'est aider la société à grandir et à se développer. On sort donc d'une forme d'égoïsme primaire pour aller vers les autres et construire ensemble.

    Le travail, c'est la santé (Alain de Botton)

    Dans Splendeurs et misères du travail , Alain de Botton nous dit que si vous passez votre vie dans votre chambre à contempler l’Univers, vous risquez de sombrer dans le désespoir, surtout s’il n’y a pas de Dieu. Au lieu de le condamner, peut-être devrions-nous remercier le travail de nous maintenir occupés. Quand Montaigne s’est retiré de la vie mondaine, de ses fonctions de maire de Bordeaux, il est tombé dans une sorte de dépression. Il lui a fallu trouver une nouvelle occupation pour donner forme à ses jours : écrire. Je crois que c’est vrai pour nous tous. Bien sûr, nous sommes parfois ridicules au travail, courant dans tous les sens, nous prenant très au sérieux. Cependant, se moquer de cela, c’est ne pas voir que nous avons besoin de projets quotidiens, même si ceux-ci ne changeront pas la face du monde. Ils donnent un sens à nos vies. Le travail est essentiel pour nous donner un but, même s’il n’est pas une fin ultime, il nous occupe. Il nous préserve de la peur de la mort. Et avec lui, le jour a une forme.

    Conclusion générale : En travaillant et en produisant une œuvre, l’homme se réalise personnellement et réalise son humanité. Toutefois, pour que cette réalisation soit complète, il importe que l’organisation sociale du travail veille à limiter l’aliénation que l’emploi peut faire subir au travailleur. Le travail reste par nature ambivalent et oscille en fonction des lieux où on l'exerce, du choix que l'on fait entre exploitation et réalisation. Il reste au final une bonne partie du temps que nous y consacrons dans nos vies, d'où l'intérêt de trouver un travail qui nous satisfasse et nous permette de rester en bonne santé.

     

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  •                                                       La résistance au changement 

    "La vérité vous libère mais d'abord elle vous rend fou".

    Adage (=vérité d'expérience) cité par Scott Peck dans Au-delà du chemin le moins fréquenté.

    Explication de l'adage

    La vérité est une forme de lumière, de clarté sur notre vie. Elle libère, car elle nous sort de nos illusions, nourries souvent par paresse,par peur ou par orgueil. Elle peut cependant blesser, car elle oblige à sortir d'un aveuglement confortable. Or, cette désillusion qui nous fait du mal, nous rassure également, car elle est une habitude installée. Désapprendre, changer peut rendre fou. L'adjectif "fou" en ce cas renvoie à une personne qui perd tout sang-froid, se laisse emporter par des émotions négatives, emploie des mots qui vont au-delà de ses pensées, cherche à blesser celui ou celle qui fait la lumière sur une situation. Il est celui qui sort de ses gonds, des sentiers balisés par la sagesse.L'autre peut devenir violent ou se replier sur lui-même, de peur d'affronter le changement nécessaire qui le soulagerait pourtant.

     

    Le mépris

    Le mépris est l'attitude que certains peuvent avoir lorsqu'un changement doit avoir lieu, mais qu'ils ne veulent pas l'accepter avec sagesse.

    Le mot "mépris" prend naissance au XIVème siècle, il était orthographié "mespris" et renvoyait à l'idée d'"un prix inférieur à la valeur réelle" .Il a donné naissance par extension à ce sens dérivé de "sentiment par lequel on considère une personne ou une chose indigne d'égards ou d'estime." C'est une attitude qui vise à dédaigner la valeur d'une personne, à en faire "baisser le prix". Au lieu de mettre en avant son caractère précieux et la gratitude qu'on peut avoir vis-à-vis d'elle, on la dévalorise quitte à en grossir les défauts et à en dresser une caricature, afin de se donner le droit de ne pas la respecter et de se défouler sur elle.

    La peur du changement

    Cet adage met en avant notre résistance au changement. C'est notre libre-arbitre de résister au changement, de stagner ou même de se détériorer ou bien de travailler à notre transformation aussi bien individuelle que collective. Le conflit entre l'inertie du non-changement et l'effort du changement fait partie de la nature humaine. Nous avons le choix de nous battre en prenant le risque de perdre ou de nous laisser aller à une forme de décomposition psychique, qui nourrit notre mal-être. Se dissoudre, disparaître, mais sans mourir tout de suite, car la mort est changement et fait donc peur. C'est le passage d'un état à un autre.

    La possibilité de choisir de se transformer: faire appel au libre arbitre

    Le changement fait appel à notre sens de la responsabilité. En effet, lorsqu'on décide de changer, on se met en action, on prend des risques: celui de se tromper et de devoir recommencer pour affiner notre expérience. C'est finalement faire le choix de l'effort, contre la paresse dégénérative, en sachant que cet effort devra être maintenu dans le temps, avec constance.

    Changer, c'est aussi accepter de voir la vérité, celle d'un mouvement intérieur qui nous sera utile à long terme. C'est aussi assumer cette part d'action, sans toujours accuser les autres d'être la cause de notre état actuel, en leur demandant de faire plus, alors qu'ils n'ont aucun pouvoir sur notre capacité de changement. Ils agiraient à notre place que nous resterions insatisfaits et que nous continuerions à les critiquer, à les mépriser.

    La responsabilité, c'est accepter d'être seul à agir à un moment donné. Cela ne signifie pas que nous serons isolés toute notre vie, mais que ce choix ne peut se faire qu'avec nous-mêmes, car nous sommes des individus uniques et que personne ne peut agir à notre place. Le reste suivra ensuite.

    La responsabilité demande une certaine dose de maturité, c'est le fait de répondre de ses actes, d'en assumer les conséquences sans s'autopunir lorsqu'on a échoué ou se culpabiliser, mais en faisant d'autres efforts pour améliorer la situation lorsqu'elle n'est pas satisfaisante.

    Changer, c'est adopter une dynamique, difficile au départ, mais qui deviendra une habitude saine avec le temps.

    En somme, si la vérité nous rend fou au départ comme le rappelle l'adage, c'est qu'elle implique parfois une action nécessaire de changement qui nous effraie, une dose de responsabilité que nous refusons. Pourtant, il faut songer à la lumière qu'elle nous donne une fois le travail accompli. Nous serons alors dignes de nous-mêmes et non dans le mépris permanent des autres et de soi-même, attitude qui peut nous rendre malades!

    Le courage d'agir est donc bien plus louable que celui de rester dans un état confortable, parce que connu de nous, mais qui nous détruit, celui de l'illusion.

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  •  Faire le deuil

    De nombreuses personnes sont amenées à faire un deuil dans leur vie. Nous sommes tous confrontés à la mort: soit à la nôtre, soit à celle d'une personne chère . On peut perdre quelqu'un physiquement, psychologiquement (lors d'une séparation) et émotionnellement. Elisabeth Kubler-Ross met en avant dans son ouvrage "La mort est une question vitale" le fait que l'être humain passe par plusieurs étapes lors de ce processus de deuil, accompagné d'une grande souffrance psychique qu'il faut savoir accompagner.

    Les différentes étapes du processus de deuil

    Selon cette auteur, on traverse cinq étapes lorsque nous sommes confrontés à la disparition d'un être:

    -le déni: on refuse de reconnaître la vérité. Le médecin nous a menti, l'autre ne nous dit pas la vérité. Cette disparition n'existe pas, elle n'est qu'une illusion.

    -la colère: on en veut aux médecins, à l'infirmière, à l'hôpital, à l'autre qui nous a parlé franchement.

    -la négociation: on pense qu'une prière ou qu'une discussion permettra de mettre un terme à la douleur.

    -la dépression: on n'a plus goût à rien. L'envie, le désir sont absents.

    -l'acceptation c'est un moment de calme spirituel. On ressent une grande paix intérieure.

    L'idéal pour être heureux et se sentir en paix avec soi-même, c'est de parvenir à la cinquième étape, mais comme le rappelle Scott Peck dans son ouvrage "Au-delà du chemin du le moins fréquenté": "La plupart des gens ne meurent pas dans cet état d'acceptation. Ils meurent en refusant de l'admettre, en état de colère, de dépression ou en négociant. Car le travail de dépression est si douloureux et si pénible que, lorsqu'ils s'y trouvent confrontés, ils se réfugient dans le déni, la colère ou la négociation."

    En conclusion, on note que ces étapes peuvent aussi s'observer lorsqu'il faut désapprendre, lorsque nous sommes confrontés au changement qui entraîne la mort d'une situation et qui amène -lorsqu'elle est bien menée- à la renaissance.

    .........................

    Et pour accompagner ce texte, la traduction d'une très belle chanson de London Grammar "Wasting my Young years" à l'accent nostalgique...Peut-être que le chant peut amorcer un processus de deuil...

    "Je gâche mes jeunes années

    Tu as dépassé les limites

    Trouves-tu qu'il est difficile de t'asseoir avec moi ce soir ?

    J'ai marché ces kilomètres, mais je les ai marchés avec droiture...

    Tu ne sauras jamais ce que c'est d'être bien.

    Je gâche mes jeunes années

    Ça a peu d'importance

    Je cours après de vieilles idées

    Ça a peu d'importance

    Peut-être...

    Nous sommes

    Nous sommes

    Peut-être que je gâche mes jeunes années,

     

    Ne sais-tu pas que ce n'est que de la peur ?

    Je ne m'en ferais pas, tu as toute ta vie

    J'ai entendu que ça prenait du temps pour bien faire les choses...

    Je gâche mes jeunes années

    Ça a peu d'importance

    Je cours après de vieilles idées

    Je ne sais pas qui tu es

    Ne me laisse pas m'accrocher

    Je ne sais pas qui tu es

    Ne me laisse pas m'accrocher..."

    "La voie de la santé et de la guérison est l'opposé de la voie du déni et de la mort."

    Scott Peck Au-delà du chemin le moins fréquenté

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  • <figure class=" ob-pull-left ob-media-left ob-img-size-300 "> Faire le tri dans ses pensées </figure>

    Chaque être humain doit apprendre à séparer les bonnes et les mauvaises pensées qui circulent dans son esprit. On peut se demander qui fait ce travail dans l'enfance: sont-ce les parents, les éducateurs, nous-mêmes? Il paraît évident que les adultes ont un rôle essentiel à jouer dans ce tri des pensées, pour orienter l'enfant, le guider vers le meilleur de lui-même. Qu'en est-il donc lorsque l'adulte ne joue pas ce rôle, lorsqu'il dit de faire des choses que lui-même n'applique pas? Quels sont les repères pour l'enfant? Que se passe-t-il lorsque dans l'éducation ce tri entre le bon grain et l'ivraie n'est pas fait, lorsque notre jardin intérieur n'est pas cultivé? On peut songer que les mauvaises herbes y poussent, que l'enfant est alors submergé par ses émotions négatives, qu'il est noyé en lui, perdu et qu'il peut tomber malade à l'adolescence, période à laquelle il doit apprendre à voler de ses propres ailes, à se construire en tant qu'adulte. Comment se construire quand les bases psychiques ne sont pas solides, lorsque notre maison repose sur des pieds d'argile? Tout s'écroule et on peut penser que ce processus est semblable, du moins, en partie, à l'expérience apocalyptique de la crise existentielle, du délire incontrôlable.

    Comment apprend-on à séparer le bon grain de l'ivraie?

    L'expression "séparer le bon grain de l'ivraie" signifie savoir distinguer les bons et les méchants, le vrai et le faux, le mal et le bien autour de soi et en soi. Cette expression biblique apparaît dans une des paraboles de Jésus, mais peut s'appliquer à bon nombre de situations, notamment dans la capacité à faire le tri de ses mauvaises et bonnes pensées. Que répondre à quelqu'un qui nous fait du mal et nous dit: "je le pense ou je le pensais." Que signifie penser? N'Est-ce pas une idée qui nous passe par la tête, une mauvaise pensée que nous n'avons pas su écarter et qui nous pollue et pollue l'autre? Ce tri n'est-il pas nécessaire pour évoluer en adulte responsable? Et quel crédit accorder à ce "je le pensais"?

     

    Le sens des mots

    L'ivraie est une graminée sauvage et nuisible qui est censée provoquer une sorte d'ivresse (le mot dérive indirectement du latin populaire 'ebriacus' qui signifiait 'ivresse'). Au début de sa pousse, son aspect est assez peu différent de celui du blé au milieu duquel elle peut croître, puis elle s'en différencie (voir la photo). L'ivraie devait être arrachée à la main pour ne pas gâter la récolte.

    La parabole de Jésus

    On comprend alors que, selon Matthieu, Jésus a pu désigner l'ivraie comme le symbole des méchants, car c'est bien là une "mauvaise graine". Dans cette parabole, alors qu'un ennemi a semé de l'ivraie dans un champ de blé, le maître dit à ses serviteurs de ne surtout pas chercher à l'enlever tant que la moisson n'est pas prête, sinon ils risqueraient d'arracher également le bon grain. Il leur demande donc d'attendre le bon moment, de ramasser alors l'ivraie pour la faire brûler, puis de moissonner le blé pour le ranger dans le grenier. Lorsque Jésus, à leur demande, explique à ses disciples le sens de cette parabole, il leur dit la chose suivante :

    •Le champ représente le monde ;

    •Celui qui sème le blé est le Fils de l'homme (Jésus lui-même) ;

    •Les bons grains sont les sujets du Royaume ;

    •L'ivraie représente les sujets du Mauvais ;

    •Celui qui la sème est le Diable ;

    •La moisson, c'est la fin du monde ;

    •Les moissonneurs sont les anges.

    Ainsi, dans cette allégorie, les bons et les méchants sont condamnés à vivre ensemble, mais au moment du Jugement Dernier, le Fils de l'homme enverra ses anges qui élimineront tous les méchants pour les jeter dans la fournaise ardente (l'enfer), alors que les justes iront dans le Royaume des cieux (le paradis).

     

    En conclusion, on peut reprocher à cette parabole, illustrant l'expression "séparer le bon grain de l'ivraie" d'être un peu trop binaire en distinguant sans nuance les bons et les méchants: l'homme n'est-il jamais que tout blanc ou tout noir? En revanche, l'expression "séparer le bon grain de l'ivraie" est très utile pour savoir cultiver son jardin intérieur et y faire pousser les plus belles plantes, celles qui résonnent avec notre âme et nous guérissent de tous les maux. Cette expression a l'avantage de nous faire réfléchir sur la justesse d'un jugement bien pensé qui nous nourrit intérieurement, face aux mensonges de l'illusion et des mauvaises pensées propices à l'expansion de certaines maladies et au mal que nous faisons volontairement ou non, lorsque nous portons un jugement erroné. Plus le noyau est solide, plus on résiste aux attaques extérieures. Savoir travailler la justesse de son jugement, c'est faire prospérer son jardin intérieur et renforcer sa santé mentale.

    Ne pas savoir faire le tri entre ses bonnes et mauvaises pensées peut d'ailleurs polluer nos relations. C'est donc un travail de tous les jours que la méditation peut accompagner.

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