• Afficher l'image d'origine

     

    Qu'est-ce que l'ombre jungienne?

     

    Extrait de Jean Monbourquette- Les Projections maléfiques

     

     "Selon Carl Jung, l'ombre de toute personne contient tous les instincts de sexualité et d'agressivité et leurs expressions malsaines. C'est pourquoi Jung insistait sur l'apprivoisement de l'ombre comme une démarche des plus nécessaires à notre croissance psychologique et spirituelle. L'ombre en elle-même n'est pas maléfique; mais si elle n'est pas éduquée et civilisée, l'homme agira la plupart du temps sous la pulsion de son ombre et commettra des fautes contre l'humanité et, ultimement contre Dieu. D'où l'exigence moral d'apprivoiser son ombre et de l'intégrer, en la faisant passer de l'inconscient au conscient."

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  •  

    Jung dans "L'âme et la vie", plus précisément dans son dernier chapitre intitulé "La voie vers Dieu", explique que les religions sont des "systèmes psychothérapeutiques, de proportions monumentales. Elles expriment l'immensité du problème psychique en images." Il va s'en dire que l'aspect spirituel est corrélé au psychique dans les textes de Jung et que les fondements de l'un jouent sur ceux de l'autre.  L'équilibre mental, la pleine santé du psychisme ne peuvent être atteints que dans l'harmonie entre le psychique et le spirituel. Jung essaie de s'interroger sur l'invraisemblance de certains récits religieux, contenus parfois dans la Bible, qui possèdent paradoxalement une force vitale et un intérêt humain non démenti à travers les siècles, parce qu'ils touchent au symbole.

     

       La connaissance scientifique ne parvient pas à expliquer ces phénomènes religieux. Ils n'en demeurent pas moins réels. Les religions sont inhérentes à l'âme, c'est pourquoi la psychologie ne doit pas s'en détourner mais travailler avec elles. La religion ne prouve pas l'existence de Dieu, mais une image archétypale de celui-ci. Cela signifie que l'instance divine a laissé une empreinte dans l'âme du croyant. Le terme d'archétype doit être relié à celui d'empreinte. Dieu ne peut mourir, ni même son image et lorsque Nietzsche affirme que Dieu est mort, il faut entendre que l'image de celui-ci a été ensevelie. Pourtant, cette voie est dangereuse. Ne plus croire en Dieu, c'est élire le Moi en suprême dirigeant, un moi alors relié à l'inflation et à l'orgueil humain. Comme le disait Pascal, "le moi est haïssable."

     Le christianisme est notre monde que l'on soit croyant ou non. 2000 ans d'histoire chrétienne ne s'effacent pas rapidement. C'est pourquoi il est illusoire de s'en croire totalement détaché.

     Les mythes revêtent très souvent un caractère divin. En réalité, ce sont les puissances de l'âme que nous avons retrouvées qui sont véhiculées dans les récits légendaires. Les mythes renvoient à des images, solidement charpentées qui ne sont qu'un miroir de notre âme.

     Le psychique est une grande puissance qui dépasse de beaucoup toutes celles de la terre. L'élément dionysiaque concerne l'émotionnalité et l'affectivité de l'homme. Le carnaval renvoie à ces forces psychiques dionysiaques. Au Moyen Age, l'ivresse divine a été bannie de l'espace sacré, remplacé par le carnacal. Dans l'Antiquité, l'ivresse exprimait l'enfer dont on parlait, qu'on tolérait. En l'abolissant, on a banni cette expression infernale, un peu folle, d'un monde non dirigé par les puissances de la raison. L'éducation chrétienne a tenté ensuite de trouver une connexion entre l'humain et le divin. Trop peu d'êtres ont cependant éprouvé l'expérience vivante de l'image divine comme étant la plus intime possession de leur âme individuelle. Les symboles religieux sont des phénomènes vitaux, des données et non des opinions. Ils existent comme des forces dans notre psychisme et ne peuvent être réduits à néant.

    La fonction symbolique des images divines

    Cette fonction symbolique qui existe depuis les temps les plus reculés n'a pas encore disparu de nos jours, quoique, depuis des siècles, l'esprit tende à réprimer  la formation individuelle des symboles. Le christianisme est une religion d'état. L'assaut de la Réforme contre les images a ouvert une brèche dans le rempart protecteur des images saintes et depuis, elles se sont émiettées les unes après les autres. Elles devinrent embarrassantes parce qu'elles entraient en collision avec la raison naissante.

    Les images archétypiques sont a priori si pleines de sens qu'on ne se demande jamais quel il est. Mais pourtant, face aux assauts répétés de la raison,  de temps en temps, les dieux meurent (mort du polythéisme, remise en question du monothéisme avec Nietzsche): on découvre alors qu'ils ne signifient plus rien, qu'ils sont faits de mains d'homme. En réalité, lorsque Nietzsche dit que Dieu est mort, ce n'est pas Dieu qui est mort, mais sa représentation humaine. Dieu est relié naturellement à notre psychisme et ne peut en être dissocié. Il en fait partie intégrante consciemment ou non. Ses représentations peuvent cependant variées et prendre des formes différentes en fonction des moments de l'histoire humaine.

    La remise en question des religions met l'homme dans une fâcheuse posture, parce qu'elle abolit les dogmes et leurs effets protecteurs. L'homme se retrouve alors sans la protection et le guide d'un culte, donc, seul.La  Réforme contribua beaucoup à enlever à l'Eglise son rôle de médiatrice du salut: à partir de là, le concept de Dieu se subjectivise de plus en plus donnant naissance à des sectes.

    La maladie contient en elle le germe de sa propre guérison

    Toute maladie qui dissocie un monde constitue en même temps un processus de guérison ou, en d'autres termes, elle est comme le point culminant d'une gestation annonçant les douleurs de l'enfantement. Lorsque le Christ est venu nous dire: "Je ne suis pas venu vous apporter la paix, mais l'épée." En dissociant le monde par le symbole de l'épée, en réalité, il engendre des liens, c'est pourquoi son enseignement fut aussi celui de l'amour universel.

    L'homme primitif, les mythes et la religion

    L'homme primitif n'invente pas des mythes, il les vit. Ils sont des allégories d'événements physiques. Ils ont une signification vitale. La mythologie d'une tribu est sa religion vivante. Sa perte engendre une catastrophe humaine sur le plan moral et spirituel. Pourquoi alors remettre en question ces croyances? Y a-t-il rien de moins essentiel que ce qui nous aide à vivre, à garder la foi et une voie positive? Toutes les doctrines secrètes prétendent saisir l'événement invisible de l'âme et toutes prétendent en détenir la valeur ultime. Originairement, elles renferment un savoir secret révélé et ont exprimé les mystères de l'âme en de magnifiques images.

    Le christianisme et l'amour

    Le Christ enseigne aux hommes que le véritable lien à Dieu est l'Amour, car toujours la ferveur de l'amour résout l'angoisse  et la contrainte en une forme supérieure de la sensibilité. Le sens profond à donner au baptême, c'est la naissance de l'homme spirituel.

     

    En somme, Jung s'intéresse à toutes les formes de religion, même si cela lui a été reproché. Selon lui, Dieu s'est exprimé en maintes langues et est apparu sous de multiples formes. On peut dire que toutes ces manifestations sont vraies. Il est important de cultiver le paradoxe, comme celui du thème de la naissance virginale. Ce paradoxe est la preuve de nos possessions spirituelles suprêmes, alors que la pensée univoque est un signe de faiblesse. Une religion s'appauvrit intérieurement lorsque ses paradoxes s'amenuisent. Le paradoxe permet d'embrasser, ne serait-ce qu'approximativement, la plénitude de la vie.

     

    BIBLIOGRAPHIE

    L'Ame et la vie- Jung, chapitre "La voie vers Dieu".

     

    Un peu de musique: Gospel sur la colline

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • Résultat de recherche d'images pour "l'ombre jungienne"

     

    Cet article est un résumé du chapitre "Entre le Bien et le Mal", extrait de L'AME ET LA VIE de Jung. Ce dernier tente de définir les racines du Mal  psychique et la façon dont on pourrait y remédier.

    Qu'est-ce que le Mal?

    L'Eglise se plaît à représenter le Mal par le Diable avec des jambes de bouc, encorné et porteur d'une queue, image d'un être mi-homme, mi-animal. Il représente symboliquement notre inconscient à la fois grotesque et effrayant, dans son état de sauvagerie originelle. Il est notre part d'ombre. Le péché renvoie à la méchanceté du coeur. Pourtant, le bien et le mal vont ensemble, ils forment le tableau constitué du clair-obscur de notre vie. Ils sont comme le jour et la nuit. Ils se tiennent en équilibre.

    L'aliénation de la "persona", masque de nous-mêmes

    La "persona" est le masque social que tout homme porte de façon plus ou moins intense. Elle est ce que quelqu'un n'est pas, mais ce qu'il veut paraître. Souvent, les êtres qui ont décidé de se cacher derrière cette image d'eux-mêmes sont très susceptibles, car il suffit d'un rien pour qu'ils soient confrontés avec un aspect de leur caractère réel dont ils refusent de prendre conscience. Les charges ou les titres qu'ils portent parfois sont des compensations faciles à leurs insuffisances personnelles. Ce n'est pas sans dégât que l'homme peut s'aliéner dans une personnalité artificielle. Quand la "persona" est trop avantageuse, la personne souffre d'une émotivité maladive. La persona ressemble au masque de l'acteur que l'individu prend pour cacher son vrai visage.

    Comment accéder à la guérison?

    C'est en acceptant que la personnalité consciente et  l'ombre vivent ensemble en bon équilibre qu'on peut s'acheminer vers la guérison. Le refoulement de l'ombre par du mépris ou un aveuglement conduit aux pires catastrophes, car l'inconscient doit s'exprimer quoi qu'il en soit. Quand on ne le laisse pas s'épancher, il le fait  de façon excessive sous forme de délires qui peuvent conduire à la folie. La maladie est caractérisée par une guerre civile qui a jailli au fond de l'inconscient. La rétention affective peut également causer la maladie, elle est une forme de refoulement, de déni de ce qui devrait être géré par la conscience. L'ombre est en général quelque chose d'inférieur, de primitif, d'inadapté et de malencontreux, mais non d'absolument mauvais.

    C'est la tension des contraires, celle entre l'ombre et la lumière qui doit être équilibrée pour aller bien. Le refoulement est un penchant plutôt immoral: on cherche à s'abstraire de la nécessité de prendre des décisions désagréables ou du moins d'y réfléchir. On fuit le problème, on ne veut pas voir notre ombre qui rejaillit de façon démesurée sous forme de cauchemars ou d'hallucinations, c'est pourquoi la conscience doit savoir l'accepter et la dompter sous peine qu'elle devienne monstrueuse. Souvent, la souffrance ne vient pas de l'extérieur, mais de notre inconscient. Le motif de la souffrance de l'âme est généralement la stagnation spirituelle, c'est pourquoi il faut y trouver un remède, c'est la raison pour laquelle les religions guérissent des douleurs de l'âme.

    Bibliographie

    L'Ame et la vie-JUNG (chapitre entre le bien et le mal)

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • Jung, dans "L'Ame et la vie", choix de textes, bâti et ordonné par le docteur Jolande Jacobi, tente de donner une définition de l'âme qui semble d'ailleurs fondamentale pour comprendre la maladie mentale qui, pour lui, provient d'une pathologie de l'âme. Mais qu'est-ce que l'âme pour ce psychiatre suisse? Elle englobe à la fois le conscient et l'inconscient, elle est la manifestation de la sensibilité de l'être humain et est fortement reliée  à son imagination et à son coeur. Elle est aussi une forme de sagesse, une ascèse de l'existence qui doit conduire chacun à la vérité de son être. Mais quelles différences faire entre les hallucinations du schizophrène et les visions mystiques? Dans le premier cas, l'âme s'aliène dans les images qu'elle produit et qui la conduise inévitablement à l'illusion et donc à la souffrance. Dans le second cas et l'exemple de Nicolas de Flüe est essentiel -mystique qui a vécu 20 ans sans avaler de nourriture-l'âme se découvre dans les visions qu'elle a, se déploie et s'épanouit comme une fleur: les visions le conduisent au bonheur et à la grâce -cadeau divin-. L'homme sans âme, au contraire du mystique, cet homme qui n'aurait pas reconnu la figure de son âme est voué au pire destin: l'aliénation de lui-même au pouvoir de la masse qui le submerge.

     

    "L'âme de l'homme est semblable à l'eau;

    C'est du ciel qu'elle vient,

    C'est au ciel qu'elle monte,

    Et il lui faut redescendre sur terre

    En un changement éternel." Goethe

     

    Qu'est-ce que l'âme selon Jung?

    La fantaisie est l'activité propre de l'âme qui éclate partout où cède l'entrave de la conscience, ou lorsque celle-ci s'évanouit tout à fait comme dans le sommeil (p.33). Les mythes sont en premier lieu des manifestations psychiques exprimant l'essence de l'âme. Ils sont des projections de la conscience humaine sur des phénomènes naturels (p.36). Un être doté d'âme est un être vivant. L'âme est le vivant en l'homme, ce qui vit par soi-même, ce qui cause la vie; c'est pourquoi Dieu insuffla à Adam son haleine vivante afin qu'il vive. Sans l'activité et le scintillement de l'âme, l'homme étoufferait et pourrirait dans sa suprême passion: la paresse (p.39). L'âme est à Dieu, ce que l'oeil est au soleil. Notre conscience n'englobe pas l'âme qui est bien plus grande qu'elle.

    Quelles sont les conséquences néfastes d'une mauvaise gestion de son âme?

    Une mauvaise gestion de l'âme conduit à la névrose qui est une désunion avec soi-même, une coupure avec l'âme. Souvent, le névrosé est malade car il n'a pas conscience de ses problèmes ou les occulte très régulièrement. Une névrose est vraiment liquidée lorsqu'elle a corrigé la mauvaise attitude du moi. Elle représente symboliquement une guerre civile à laquelle il faut mettre fin par des moyens précis que le médecin-artiste doit mettre en place.

    Quel est le bon positionnement que doit adopter le médecin (dans le chapitre "Médecin et malade")?

    Jung rappelle en qualité de médecin que dans la réalité psychologique, il n'y a pas de recette passe-partout, ni de norme généralement valable. Le médecin ne peut donc soigner son patient que lorsqu'il est dénué de tout préjugé. La pratique médicale est un art. L'art véritable est créateur, et ce qui crée est au-delà de toute théorie. C'est la personnalité créatrice du médecin qui fera la différence. Il est important de prendre pour modèle les médecins philosophes antiques qui ne détachaient pas l'âme et le corps. Le médecin doit aider le patient à affronter la vie, mais en aucun cas, il ne peut faire des choix à sa place. Chaque cas nouveau constitue pour lui un travail de pionnier et toute trace de routine devient erronée. Si le médecin veut conduire l'âme d'autrui ou seulement l'accompagner, il faut qu'il soit en contact avec elle. Or, ce contact ne peut se produire si le médecin condamne en son for intérieur l'être qui se confie. On ne saurait changer ce qu'on n'accepte pas. Dès que je condamne une personne, je ne la libère pas, je l'opprime. La confiance est à la base du soin.

    Citations de Jung extraites du chapitre "Témoignage en faveur de l'âme"

    • "L'âme humaine ne se trouve absolument pas en dehors de la nature" (p.25)
    • "Il n'existe probablement pas une maladie du corps dans laquelle ne joue aucun facteur psychique, de même que dans bon nombre de troubles psychogènes interviennent des éléments corporels." (p.25)
    • "L'âme (...) est une sorte de vision en images des activités de la vie." (p.26)
    • "Un être doté d'âme est un être vivant. L'âme est le vivant en l'homme, ce qui vit par soi-même, ce qui cause la vie, c'est pourquoi Dieu insuffla à Adam son haleine vivante afin qu'il vive. (...). Sans l'activité et le scintillement de l'âme, l'homme étoufferait et pourrirait dans sa suprême passion: la paresse." (p.39)
    • "L'âme est à Dieu, ce que l'oeil est au soleil. " (Elle est aussi une goutte d'eau dans la mer divine, p.41)
    • "L'âme doit posséder en soi une faculté de relation avec Dieu, c'est-à-dire une correspondance à ou avec l'essence de Dieu, sinon une interrelation ne pourrait jamais s'établir." (p.40-41) L'âme possède une fonction religieuse selon Jung. Ce n'est pas l'homme citoyen qui va en enfer ou au paradis, c'est son âme.

     

    Bibliographie

    L'Ame et la vie - C.G.Jung (chapitres "Témoignage en faveur de l'âme" et "Médecin et malade").

     

     

    Partager via Gmail Yahoo!

    votre commentaire
  • <figure class=" ob-pull-left ob-media-left ob-img-size-300 "> Décès de Carl Jung </figure>

    Article paru dans le 7 juin 1961, écrit en anglais par Associated Press

    Le Dr Carl G. Jung est mort à l'âge de 85 ans; pionnier de la psychologie analytique( Par Associated Press Zurich, Suisse, le 6 juin)

    Le professeur Carl Gustav Joung, l’un des fondateurs de la psychologie analytique est mort aujourd’hui dans sa villa à Kuessnacht sur le lac de Lucerne. Il avait 85 ans.

    Le célèbre psychologue souffrait de problèmes cardiaques et circulatoires et commença à dépérir il y a plusieurs semaines.

    Aventurier de l’esprit Le Dr Jung était l’un des grands aventuriers modernes qui chercha à repousser les frontières obscures de l’esprit humain.

    Avant l’arrivée de son grand prédécesseur, le Dr Sigmund Freud, le monde était très peu habitué à fouiller dans le subconscient humain afin de trouver la clé de la paix et de la sécurité.

    Avant Freud et Jung, le monde occidental tendait à penser la conduite humaine en termes de péché originel.

    Le Dr Jung fut l’un de ceux qui impulsa formidablement la pensée du vingtième siècle en déclarant simplement que cette explication n’était pas la bonne. En essayant d’apporter quelque définition à l’esprit subconscient, le Dr Jung créa des termes spécifiques. Ces termes allaient bientôt échapper au monde de la clinique mentale pour devenir une part du langage des personnes éduquées.

    Les termes jungien tels que "extroverti" et" introverti" devinrent des clichés utilisés dans les diners mondains.

    Après un apprentissage précoce et intense, le Dr Jung se sépara de l’école psychologique établie par Freud. C’était une école rude. Freud soutenait que presque tous les troubles mentaux des humains étaient le résultat de conflits sexuels durant l’enfance. Le plus puissant de ces conflits était la pulsion infantile du parricide et de l’inceste – les complexes d’Œdipe et d’Electra.

    Bien qu’il admettait ces pulsions, le Dr Jung dit que l’instinct naturel de l’homme vers la religion était peut être aussi fort que son instinct sexuel et que l’homme ignorait l’instinct religieux à son péril.

    Le Dr Freud reliait la religion au désespoir de l’enfant vis à vis du monde extérieur et au besoin de l’enfant de s’accrocher à ses parents pour survivre.

    Opposition à la “jungle” freudienne

    Le monde freudien était une jungle sombre dans laquelle l’homme vagabondant trébuchait sans cesse sur des expériences émotionnelles refoulées. Freud et ceux qui formait le cœur de son école croyaient qu’il n’y avait aucune cure pour le dilemme de l’homme sinon de localiser et de supprimer ces expériences émotionnelles bloquantes.

    Le Dr Jung soutenait au contraire que l’homme n’était pas nécessairement condamné à jamais, à être poussé par des traumas sur lesquelles il n’avait que peu de prise. Les Jungiens raillèrent la théorie freudienne selon laquelle Dieu n’était rien d’autre que la création de l’homme à l’image de son père et que les bonnes actions et le désir d’avancer dans le monde n’étaient que des subterfuges pour oublier les pulsions primitives et les désordres.

    Beaucoup trouvaient Le monde de Freud sombre et presque désespéré. Celui du Dr Jung n’était pas non plus confortable mais il croyait que l’esprit incoercible de l’homme pouvait le rendre meilleur.

    L’homme peut faire cela, enseignait le Dr Jung car, en plus de ses expériences en tant qu’individu, imprimées dans son subconscient, chaque personne possédait un second groupe d’expériences. Ce groupe était l’expérience collective de l’espèce, imprimée dans le subconscient. Cette expérience collective incluait la pulsion incessante de l’homme pour la religion.

    Freud, le Dr Jung et le Dr Alfred Adler, étaient les trois grandes figures de l’ère de la psychologie. Ils influencèrent la pensée de l’homme occidental comme elle ne l’avait jamais été depuis la publication de l’origine des espèces en 1859. Adler qui lui aussi rompit avec les théories rudes de Freud mourut en 1937 et Freud mourut deux ans plus tard.

    Fils d’un pasteur

    Le Dr Jung naquit le 26 juillet 1875 à Kesswill en Suisse. Il était le fils de Paul Jung, un pasteur évangélique et d’Emilie Freiswerk Jung. La famille déménagea à Basel où le fils obtint son diplôme de médecin à l’université en 1900. Il commença ses études psychiatriques à l’université de Zurich.

    Il sélectionna le cas d’une jeune fille affectée par le somnambulisme et proclamant être un médium spiritualiste pour sa thèse en philosophie. Après des études plus tard à Paris, le Dr Jung devint professeur en psychiatrie à l’université de Zurich et avec le Dr Eugen Bleuler fonda l’école de Zurich de psychologie profonde.

    Peu à peu, cette école fut considérée comme s’opposant à la l’école de Vienne établie par Freud. En réalité, les Dr Jung et Freud étaient en accord sur de nombreux points de la base de la psychologie moderne.

    Les méthodes utilisées par le Dr Jung pour obtenir la coopération des facteurs inconscients de l’esprit était similaires à ceux de Freud qui reconnaissait la valeur d’un grand nombre de cas que le Dr Jung avait obtenus.

    En 1909 quelques-uns des meilleurs travaux aux Etats-Unis dans ce domaine furent réalisés à l’Université Clark à Worcester, dans le Massachussetts sous l’autorité de son président le Dr G. Stanley Hall et en 1909, les Dr Jung, Freud et un grand nombre d’autres autorités en psychiatrie allèrent à Clark pour donner une série de cours et de conférences.

    Ici, le Dr Jung donna sa première exposition de la méthode d’association: une méthode jusque-là jamais essayée pour explorer le subconscient.

    Société psychanalytique

    En 1911, le Dr Jung et un grand nombre d’autres autorités dans son domaine fondèrent la société internationale de psychanalyse. Le Dr Jung se servait souvent de cette société pour faire progresser ses vues sur de nouveaux éléments qu’il croyait avoir trouvé dans les rêves et les fantaisies.

    Ceux qui ne croyaient pas aux théories du Dr Jung à propos de l’esprit humain le critiquèrent en disant qu’il montrait trop d’intérêt pour des sujets aussi peu scientifiques que l’occultisme et la sorcellerie. Les freudiens soutenaient qu’il trahissait la recherche scientifique par des digressions vers le Bouddhisme et le Christianisme.

    A cette époque, le Dr Jung explorait aussi le yoga, l’alchimie, le folklore et d’obscurs rites tribaux et les tabous.

    Tout cela était considéré par ses adversaires comme une perte de temps et une trahison des principes scientifiques.

    Le Dr Jung disait au contraire que puisque l’humanité avait consacré tant de pensée à de telles choses, elles formaient une part de l’inconscient de l’espèce. Elles faisaient partie de l’esprit humain et si vous vouliez connaitre quelque chose de l’esprit humain, il vous fallait les connaitre.

    Pendant l’ascension d’Hitler en Allemagne, les théories du Dr Jung à propos de la conscience de l’espèce (race en anglais) furent empruntées par les Nazis. Le Dr Jung s’empressa de dire que l’interprétation des nazis de ses théories était dans l’ensemble fausse. En tous cas, le Dr Jung dit que ses déclarations dans ce domaine avaient été sorties de leur vraie signification par les suppôts d’Hitler.

    En 1935, le Dr Jung devint professeur de plein titre à l’université de Zurich après avoir mené des séminaires à l’institut suisse fédéral de technologie pendant plusieurs années.

    En 1937, il devint professeur à Yale et parla de la relation entre la psychologie et la religion. Lors de ces cours, il étendit sa théorie selon laquelle ce qu'il décrivait comme "une fonction religieuse naturelle" existe chez l'homme. S'il oublie ce besoin, l'homme perdra sa santé mentale, selon le Dr Jung.

    Les deux grands explorateurs de l’esprit différaient dans leurs méthodes pour obtenir leur matériau.

    Le Dr Freud établit la méthode maintenant généralement acceptée de placer son sujet sur un divan et de se retirer pour laisser l’impression au sujet qu’on ne s’imposait pas à lui.

    Je ne pouvais pas supporter qu’on me fixe pendant huit heures par jour,” disait le Dr Freud.

    Le Dr Jung plaçait habituellement son sujet sur une chaise face à lui et lui faisait sentir que lui, le Dr Jung prenait activement part à l’examen et qu’il allait partager l’expérience du sujet. […]

    Au-dessus de la porte de sa maison à Kuessnacht, on trouve gravée l’inscription suivante :

    "Vocatus atqua non vocatus deus aderit." (Appelé ou non, Dieu est présent.)

    Lien de l'article en anglais: http://www.nytimes.com/learning/general/onthisday/bday/0726.html

    Partager via Gmail Yahoo!

    1 commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique