• L'amour, émotion suprême (article de Matthieu Ricard

     

     

    Dans cet article de Mathieu Ricard, extrait du journal Le Point, on parle de l'amour comme une source de bonheur et de guérison.
    Un livre démontre que la clé du bonheur est l'amour, non conçu comme un attachement stable mais comme une résonance renouvelable entre des personnes.Barbara Fredrickson publie "Love 2.0" où elle donne une nouvelle définition de l'amour.
     
     
     
    Quelques citations clés pour commencer:
     
    "Il est donc nécessaire non seulement de remédier aux émotions négatives, mais aussi d'accroître les émotions positives." Matthieu Ricard
     
    "À l'inverse de la dépression, qui provoque généralement une plongée en vrille, les émotions positives engendrent une spirale ascendante : "Elles construisent la force d'âme et influencent la façon de gérer l'adversité", écrit Fredrickson.
     
    "Mais, attention, vous n'y retrouvez peut-être pas votre définition habituelle de l'amour : pour Fredrickson, l'amour est une résonance positive entre deux ou plusieurs personnes. L'amour n'est pas un état d'âme stable gravé en nous pour des mois ou des années : c'est une émotion passagère mais renouvelable à l'infini."
     
    "De même, c'est l'accumulation de dissonances affectives, moments répétés de partage d'émotions négatives, qui érode et finit par détruire ces liens profonds et de longue durée. Dans le cas de l'attachement possessif par exemple, cette résonance disparaît ; dans le cas de la jalousie, elle s'empoisonne et se transforme en résonance négative."
     
     
    L'amour, émotion suprême
     

    Le dernier ouvrage de l'une des pionnières de la psychologie positive, Barbara Fredrickson, Love 2.0 vient de paraître en traduction française (1). Contrairement à ce qui a été souvent dit et écrit à tort et à travers, la psychologie positive ne consiste nullement à "positiver" en essayant de voir la pauvreté, la maladie, la violence et autres souffrances sous un jour plaisant ou en imaginant que tout ce que nous souhaitons va automatiquement se réaliser. Il s'agit encore moins de la "pensée positive" promue par des ouvrages populaires dénués de tout fondement scientifique, comme Le Secret de Rhonda Byrne qui proclame qu'il suffit de souhaiter fortement quelque chose de "positif" pour que cela se produise. Il est clair que l'Univers n'est pas à la disposition de notre psychisme et ne constitue pas un catalogue sur lequel nous pourrions commander tout ce qui est censé satisfaire nos désirs et nos caprices.

     

     
     
     

    La psychologie positive, pour sa part, est un domaine de recherche scientifique qui s'est donné pour but d'étudier et de renforcer les émotions positives, celles qui nous permettent de devenir de meilleurs êtres humains, tout en éprouvant une plus grande joie de vivre. En 1954, le fameux psychologue Abraham Maslow avait déjà fait remarquer que la psychologie avait connu beaucoup plus de succès en étudiant l'aspect négatif de l'esprit humain que son aspect positif : "C'est comme si la psychologie s'était volontairement limitée à une seule moitié de son domaine de compétence - la moitié la plus sombre et la plus pernicieuse."

    Une spirale ascendante

    Or, les affects plaisants et déplaisants ne représentent pas seulement des contraires, mais procèdent de mécanismes différents. Se contenter d'éliminer la tristesse et l'anxiété n'assure pas automatiquement la joie et le bonheur. Il est donc nécessaire non seulement de remédier aux émotions négatives, mais aussi d'accroître les émotions positives.

    Si l'expression "psychologie positive" avait déjà été utilisée par Maslow et autres auteurs, le premier article théorique qui donna ses lettres de noblesse à ce domaine de recherche s'intitulait "What good are positive emotions?" (Qu'est-ce que les émotions positives ont de bon ?) publié par Barbara Fredrickson en 1998 dans la Review of General Psychology.

    La même année, un groupe de psychologues s'est réuni sous l'égide de Martin Seligman, alors président de l'Association américaine de psychologie, et de Mihaly Csíkszentmihályi, bien connu notamment pour sa théorie du "flux" (l'expérience gratifiante d'être totalement immergé dans ce que l'on fait, état dans lequel les pensées et les actions s'enchaînent naturellement avec fluidité), pour fonder le Réseau de psychologie positive.

    Les émotions positives telles que la joie, le contentement, la gratitude, l'émerveillement, l'enthousiasme, l'inspiration et l'amour sont bien plus qu'une absence d'émotions négatives. Cette dimension supplémentaire ne se réduit pas à une simple neutralité de l'esprit : elle est source de profondes satisfactions. À l'inverse de la dépression, qui provoque généralement une plongée en vrille, les émotions positives engendrent une spirale ascendante : "Elles construisent la force d'âme et influencent la façon de gérer l'adversité", écrit Fredrickson.

    Une nouvelle définition de l'amour

    En France, un nombre croissant de chercheurs et de cliniciens s'intéressent à la psychologie positive, comme en témoignent notamment les ouvrages de Jacques Lecomte, Rebecca Shankland et Christophe André (2).

    Dans Love 2.0, une synthèse de l'ensemble de ses travaux et de ceux d'autres scientifiques, Barbara Fredrickson va plus loin : elle avance, preuves à l'appui, que l'amour est l'émotion suprême. C'est l'émotion positive par excellence, celle dont les bienfaits sont les plus étendus et les plus puissants.

    Mais, attention, vous n'y retrouvez peut-être pas votre définition habituelle de l'amour : pour Fredrickson, l'amour est une résonance positive entre deux ou plusieurs personnes. L'amour n'est pas un état d'âme stable gravé en nous pour des mois ou des années : c'est une émotion passagère mais renouvelable à l'infini.

    En effet, les recherches ont montré que si l'amour est éphémère du fait qu'il est très sensible aux circonstances et nécessite certaines conditions préalables, une fois que l'on a identifié ces conditions, on peut reproduire ce sentiment d'amour un nombre incalculable de fois par jour. Selon cette définition, l'amour est à la fois plus vaste et plus ouvert, et sa durée plus courte qu'on ne l'imagine généralement. Nous sommes donc loin de ce que nous appelons habituellement "amour", qu'il soit romantique ou filial, ou qu'il s'agisse d'un engagement par le mariage ou tout autre rituel de fidélité.

    Résonance et dissonance

    La "science des émotions" qu'expose Fredrickson ne dément certes pas que l'on puisse considérer l'amour comme un lien profond susceptible d'être perpétué pendant des années, voire une vie entière : elle considère cependant que l'état durable appelé "amour" par la plupart des gens résulte de l'accumulation de nombreux moments, beaucoup plus courts, durant lesquels est ressentie cette résonance émotionnelle positive.

    Selon Fredrickson, la résonance positive que constitue l'amour se manifeste lorsque trois événements surviennent simultanément : le partage d'une ou plusieurs émotions positives, une synchronie entre le comportement et les réactions physiologiques de deux personnes, et l'intention de contribuer au bien-être de l'autre, intention qui engendre une sollicitude mutuelle. Cette résonance d'émotions positives peut durer un certain temps, voire s'amplifier comme la réverbération d'un écho, jusqu'à ce que, inévitablement, comme c'est le sort de toutes les émotions, elle s'évanouisse.

    Étant donné que deux ou trois personnes peuvent éprouver cette résonance à tout moment, un tel amour n'est donc pas réservé à un conjoint ou à un partenaire amoureux. Il ne se réduit pas aux sentiments de tendresse que l'on ressent pour ses enfants, ses parents ou ses proches. Il peut survenir à chaque instant, avec une personne assise à côté de nous dans un train, quand notre attention bienveillante a suscité une attitude analogue, dans le respect et l'appréciation mutuels.

    De même, c'est l'accumulation de dissonances affectives, moments répétés de partage d'émotions négatives, qui érode et finit par détruire ces liens profonds et de longue durée. Dans le cas de l'attachement possessif par exemple, cette résonance disparaît ; dans le cas de la jalousie, elle s'empoisonne et se transforme en résonance négative.

    L'amour altruiste

    L'un des points forts que soutient et démontre Fredrickson est que l'amour, en tant que résonance positive, est profondément inscrit dans notre constitution biologique et résulte, sur le plan physiologique, de l'interaction de certaines aires cérébrales (liées à l'empathie, à l'amour maternel et au sentiment de satisfaction), de l'ocytocine (un peptide fabriqué dans le cerveau qui influence les interactions sociales) et du nerf vague (lequel a pour vertu de calmer et de faciliter le lien avec autrui).

    Le tonus vagal, qui reflète l'activité du nerf vague, peut être évalué en mesurant l'influence du rythme respiratoire sur le rythme cardiaque. Normalement, notre tonus vagal est extrêmement stable d'une année sur l'autre, influençant notre santé au fil du temps. Un tonus vagal élevé est bon pour la santé physique et mentale. Or, Barbara Fredrickson a démontré qu'il était possible d'améliorer considérablement le tonus vagal en ayant recours à la méditation sur l'amour altruiste. Les sujets qui avaient pratiqué la méditation éprouvaient par ailleurs davantage d'amour, d'engagement dans leurs activités quotidiennes, de sérénité, de joie, et d'autres émotions positives. Les mesures de la condition physique des participants montrèrent aussi que leur état de santé s'était nettement amélioré.

    Si les émotions ne durent pas, en revanche, leur répétition finit par engendrer des dispositions plus durables. L'amour permet de voir l'autre avec sollicitude, bienveillance et compassion. Il se rattache ainsi à l'altruisme dans la mesure où l'on devient sincèrement concerné par le sort d'autrui et par son propre bien. L'attachement possessif étouffe la résonance positive. Ne pas nourrir de tels attachements ne signifie pas que l'on aime moins quelqu'un, mais que l'on n'est pas préoccupé avant tout par l'amour de soi à travers l'amour que l'on prétend porter à l'autre.

    Une bienveillance inconditionnelle

    Qui plus est, l'aspect cognitif de l'amour altruiste, plus vaste encore que l'aspect émotionnel et moins vulnérable aux changements d'humeur, permet d'étendre à un grand nombre d'êtres, y compris ceux que nous n'aurons jamais l'occasion de rencontrer, un altruisme sans limites. L'altruisme étendu, tel que nous l'avons défini dans Plaidoyer pour l'altruisme (3), consiste en une bienveillance inconditionnelle qui ne dépend pas de la manière dont l'autre nous traite ou se comporte. C'est sans doute en intégrant ces différentes dimensions liées aux émotions momentanées et renouvelables, aux processus cognitifs et aux dispositions durables que l'amour altruiste peut atteindre son point optimal.

    Avec Love 2.0, Barbara Fredrickson offre à chacun d'entre nous et à nos sociétés une raison supplémentaire de cultiver l'amour bienveillant, la sollicitude, la solidarité et la coopération, autant de qualités et d'états d'esprit qui sont nourris par les résonances positives que nous pouvons établir et renouveler à l'infini avec ceux qui nous entourent.

    Par Matthieu Ricard

     

    Bibliographie

    1. Fredrickson, B. (2014). Love 2.0 : ces micro-moments d'amour qui vont transformer votre vie. Marabout.

    2. Lecomte, J. (2009). Introduction à la psychologie positive. Dunod. André, C. (2014). Et n'oublie pas d'être heureux. Odile Jacob. Shankland, R. (2014). La psychologie positive - 2e éd. Dunod.

    3. Ricard, M., (2014). Plaidoyer pour l'altruisme, (édition revue et corrigée.). Pocket.

     

     
     
     
     
     
        
     

     

     

     

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  • <figure class=" ob-pull-left ob-media-left ob-img-size-300 "> Le véritable amour </figure>

    Le véritable amour exige

    Que nous souffrions,

    Que je permette à

    Mon amour de briser mon cœur, morceau par morceau

    Et continuer pourtant

    A aimer avec un coeur

    Qui n'en est que plus grand.

    Scott Peck - Au-delà du chemin le moins fréquenté (p.337) du chapitre "La poésie de Dieu"

    Commentaire

    Le véritable amour est lié à l'évolution spirituelle et demande un effort, c'est pourquoi il crée de la souffrance parfois. Les blocages psychospirituels peuvent entraîner des dysfonctionnements physiques et psychiques qui sont à l'origine de certaines maladies. La recherche de l'amour inconditionnel, du don de soi est un travail quotidien qui favorise la santé mentale, le bien-être, mais n'est pas dénué d'effort et donc de souffrance.

    Il est cependant important de distinguer la souffrance salutaire, engendrée par l'effort et celle qui détruit: la souffrance qui abîme et laisse des séquelles permanentes. Tout est toujours affaire de nuances et de degrés.

    Rappelons que l'amour est à la source de toute guérison.

    Liens internes

    • Qu'est-ce que le véritable amour?

    http://folieetespoir.over-blog.com/2014/05/qu-est-ce-que-le-veritable-amour.html

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  • Qu'est-ce que le véritable amour?

    Scott Peck, psychiatre américain, dans son essai "Le Chemin le moins fréquenté" rappelle que l'absence d'amour est à l'origine des maladies mentales, mais que l'amour est l'élément de base de la guérison. L'être humain ayant évolué dans un environnement hostile où il lui a fallu faire face à la négligence et à la brutalité de son entourage ou à un faux amour peut avoir à faire face à la maladie mentale qui n'est autre que l'expression d'un déséquilibre intérieur. Songeons au narcissisme d'une mère qui ne parvient pas, par exemple, à supporter l'individualité de son enfant, faisant la confusion entre elle et l'autre, ses angoisses et celles de sa progéniture. Les parents, trop fragiles, n'ont pas joué le rôle de tuteur, de guide et l'enfant s'est alors trouvé démuni, sa souffrance est devenue pathologique. Scott Peck a décidé, dans son ouvrage, d'analyser ce qu'est l'amour véritable, le mot étant souvent utilisé de façon impropre.

    Les sens dévoyés de l'amour: ce que n'est pas l'amour

    • Le fait de tomber amoureux ne peut être considéré comme un véritable amour, car il opère une fusion entre soi et l'autre et ne permet pas la distinction entre les individus et l'acceptation de l'individualité de l'autre.
    • La dépendance n'est pas non plus de l'amour: car les passifs dépendants ne s'intéressent qu'à leur propre nourriture: ils ne désirent pas évoluer et ne sont pas prêts à accepter la difficulté, la solitude et la souffrance qu'implique l'évolution spirituelle; ils ne se soucient de la présence de l'autre que dans la mesure où il peut les satisfaire. Cette relation de dépendance s'opère parfois dans la relation qu'on peut avoir à un animal qu'on aime par rapport à l'attachement qu'il nous apporte. On refuse souvent qu'il nous désobéisse, qu'il s'oppose. La relation à un animal vient souvent cacher une relation de dépendance, un refus de la différenciation de l'autre. Il faut s'interroger parfois sur: pourquoi préférons-nous aimer un animal plus qu'un être humain? Probablement parce que ce dernier est plus docile, moins révolté, qu'il nous est soumis et qu'on a plus de pouvoir sur lui que sur un être humain
    • Il n'est pas non plus le sacrifice de soi. Aimer implique de s'aimer soi-même avant d'aimer un autre être, de se respecter, d'être épanoui, heureux pour que notre lumière intérieure irradie celle d'un autre être. Ne pas bien s'occuper de soi entraîne des tensions avec les autres et un mal-être global.

    Ce qu'est l'amour véritable

    "La seule véritable fin de l'amour est l'évolution spirituelle ou humaine, " dira Scott Peck. Notre intérêt pour les choses ne doit pas devenir un plaisir monomaniaque comme dans les personnages de Balzac. La passion pour un objet ou un être humain n'est pas une fin en soi. Elle doit permettre l'évolution de l'ensemble, non un repli sur soi égoïste. L'amour véritable implique l'engagement et la sagesse. L'engagement, car il développe chez l'autre la confiance, la stabilité,la constance et la sagesse qui est une recherche d'équilibre permanent entre raison et passion, une harmonie intérieure.

    "L'amour est une forme de travail ou bien une forme de courage, "ajoutera Scott Peck.De travail, car il demande un dépassement de soi qui crée une souffrance bénéfique -loin la paresse- et de courage, car il faut être motivé pour s'investir et y mettre beaucoup d'énergie. C'est une discipline qui demande des efforts quotidiennement.

    Quel est le but de la vie?

    Sénèque, un grand philosophe latin résume en une phrase le but de la vie, ce que chacun pourra méditer:

    "Tout au long de la vie, il faut continuer à apprendre à vivre. Et ce qui nous étonnera encore plus, c'est que tout au long de la vie, il faut apprendre à mourir." Sénèque

    La mort symbolique bien orchestrée entraîne une renaissance et permet à chacun d'évoluer spirituellement, de se transformer positivement. Elle est nécessaire au développement de l'être humain et ne devrait pas être perçue comme angoissante.

    En conclusion, l'amour reste un sentiment mystérieux qui demande courage et travail pour se développer véritablement. Il faut veiller à ne pas trop galvaudé son sens et son emploi appliqué, souvent, à n'importe quelle situation et créant de nombreuses confusions. Le mérite de l'ouvrage de Scott Peck est d'apporter une grande clarté et des distinctions nécessaires pour se sentir mieux et être davantage guidé dans notre évolution spirituelle. C'est sur un forum que j'ai trouvé ce titre: un schizophrène expliquant qu'il l'avait beaucoup aidé à guérir. Je ne suis pas déçue par cette réflexion qui a le mérite de faire réfléchir tout le monde et de donner des pistes pour avancer sans dénigrer tout ce qui se fait. Critiquer permet de faire le point sur ce qui doit être changé, mais la seconde étape, c'est de mettre en œuvre le changement et de le réaliser concrètement, au quotidien, pour se sentir mieux, en respectant le vivant en nous.

    La véritable fin de l'amour est l'évolution spirituelle et humaine.

    Scott Peck "Le Chemin le moins fréquenté", p.113

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  • <figure class=" ob-pull-left ob-media-left ob-img-size-300 "> Amour et folie </figure>

    «Il est difficile de dire adieu lorsqu’on veut rester, compliqué de rire lorsqu’on veut pleurer, mais le plus terrible est de devoir oublier lorsqu’on veut aimer»

    Il est complètement idéaliste, voire dangereux de penser que l'amour parfait existe sans qu'aucun travail ne se fasse. Comme pour le reste, l'effort de construction est nécessaire. Il est assez immature de songer que le plaisir va tomber du ciel et que la personne idéale existe sur cette terre.Le travail permet aux rêves de se réaliser: il s'agit dans le domaine amoureux de bien communiquer, de faire preuve de discernement dans ses jugements, d'équilibre, de sagesse et d'attention pour l'autre.

    Par contre, comment expliquer le sentiment amoureux? Il se trouve davantage du côté de la folie que de la raison. Ne dit-on pas "je suis fou de toi"? Erasme, humaniste du XVIème siècle, songeait que "plus l'amour est parfait plus la folie est grande et le bonheur sensible." Comment expliquer cet élan du cœur? Pourquoi vouloir contraindre ce sentiment et chercher à l'enfermer dans les carcans du raisonnable lorsqu'il est simplement une libération du cœur? N'Est-ce pas la faculté ou la clairvoyance de voir le meilleur chez l'autre en l'alimentant par le biais de son imagination, en s'en nourrissant? L'amour est un don du ciel, il rend la vie plus salée, le cœur plus léger et offre un supplément d'humanité.

    C'est pourquoi il est important de ne pas s'interdire ce sentiment, de le laisser fructifier et grossir jusqu'à ce qu'il prenne l'allure d'un arbre mature et solide, enraciné dans la vie, ouvert à l'irrationnel et à l'imprévu.

     
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  • <figure class=" ob-pull-left ob-media-left ob-img-size-300 "> Méditation sur l'amour et les émotions positives </figure>

    Etre égoïste est une mauvaise façon de s’aimer soi-même

     

    Je tenais à remercier Phase 3, qui en réaction à mon dernier article sur l’éloge de l’humilité, m’a fait découvrir le blog de Matthieu Ricard que j’apprécie beaucoup et notamment cet article que je trouve d’une justesse époustouflante.

    Voici le lien vers cet article de Matthieu Ricard :

    http://matthieuricard.org/blog/posts/etre-egoiste-est-une-mauvaise-facon-de-s-aimer-soi-meme

     

    Et voici l’article que je souhaiterais commenter :

     

    « Etre égoïste est une mauvaise façon de s’aimer soi-même

    Écrit le 3 mars 2014 par Matthieu Ricard (moine bouddhiste, photographe et auteur, fils de Jean-François Revel)

    L’égoïsme ne peut donc être considéré comme une façon efficace de s’aimer soi-même, puisqu’il est la cause première de notre mal-être. Il constitue une tentative particulièrement maladroite d’assurer son propre bonheur. Le psychologue Erich Fromm, rejoignant la pensée bouddhiste, éclaire ainsi ce comportement : «S’aimer soi-même est nécessairement lié au fait d’aimer une autre personne. L’égoïsme et l’amour de soi, loin d’être identiques, sont en fait deux attitudes opposées. L’égoïste ne s’aime pas trop, mais trop peu. En fait, il se hait.» L’égoïste est un être qui ne fait rien de sensé pour être heureux. Il se hait parce que, sans le savoir, il fait tout ce qu’il faut pour se rendre malheureux et cet échec permanent provoque une frustration et une rage intérieure qu’il retourne contre lui et contre le monde extérieur.

    Si l’égocentrisme est une constante source de tourments, il en va tout autrement de l’altruisme et de la compassion. Sur le plan de l’expérience vécue, l’amour altruiste s’accompagne d’un profond sentiment de plénitude et, comme nous le verrons par ailleurs, c’est aussi l’état d’esprit qui déclenche l’activation la plus importante des aires cérébrales associées aux émotions positives. On pourrait dire que l’amour altruiste est la plus positive de toutes les émotions positives.

    De plus, l’altruisme est en adéquation avec la réalité de ce que nous sommes et de ce qui nous entoure, à savoir le fait que tout est foncièrement interdépendant. La perception habituelle de notre vie quotidienne peut nous porter à croire que les choses ont une réalité objective et indépendante, mais, en fait, elles n’existent qu’en dépendance d’autres choses. La compréhension de cette interdépendance universelle est la source même de l’altruisme le plus profond. En comprenant à quel point notre existence physique, notre survie, notre confort, notre santé, etc. dépendent des autres et de ce que nous fournit le monde extérieur – remèdes, nourriture, etc. – il devient facile de nous mettre à leur place, de vouloir leur bonheur, de respecter leurs aspirations et de nous sentir intimement concernés par l’accomplissement de ces aspirations. »

     

    Je trouve très intéressant le lien que Matthieu Ricard fait entre l’égoïsme et la haine. Il reprend de façon très synthétique les réflexions assez pessimistes d’un célèbre moraliste français : La Rochefoucauld. Le but de cet auteur phare du classicisme est, comme nous le rappelle Michel Terestchenko dans Un Si fragile vernis d’humanité, de « démasquer les illusions de la vertu pour mettre au jour la loi secrète et universelle de l’égoïsme, de la recherche de l’intérêt personnel qui en réalité l’anime. » L’amour propre, le désir de gloire, la cupidité et la vanité « jettent une singulière lumière sur cette absence à soi, cette dépossession de soi, cette fragilité de l’identité humaine qui est le propre de l’humanité ordinaire et qui la rend si prompte à s’abandonner aux ordres d’une autorité maléfique ou d’une institution totalitaire. » (p.26)

    Matthieu Ricard explique que l’égoïsme est déclencheur d’émotions négatives terribles comme la haine, la destruction de soi et des autres : « L’égoïste est un être qui ne fait rien de sensé pour être heureux. » C’est là que nous touchons de près à notre sujet et à cette folie destructrice, engendrée par un sentiment négatif tel que l’égoïsme. On se détruit et on détruit l’autre, les autres. Naît alors le sentiment de vouloir faire la guerre. Le philosophe bouddhiste nous rappelle que seul l’amour altruiste est capable d’émotions positives.

    Je ne prétends pas être en permanence en lien avec cet amour altruiste, car je me sens parfois accablée comme tout un chacun par les énergies négatives, mais je peux dire que c’est cet amour qui m’a permis d’affronter mille épreuves avec mon ami si bien que je ne peux qu’acquiescer aux affirmations de Matthieu Ricard. Cet amour me fait rêver, imaginer un futur meilleur, me relie à mes rêves de construction les plus fous, font battre mon cœur positivement. Je repense aux moments les plus heureux et oublie alors les plus durs. Je ne songe plus aux rancœurs d’hier et je me focalise sur un futur plus beau, plus lumineux afin de construire sur des bases plus solides où l’amour est roi et nourri par la Foi.

     

    L’amour n’est-il pas le plus sûr moyen de lutter contre la folie destructrice et l’égoïsme qui l’anime ?

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