• Le mythe d'Orphée (2): lien entre psychologie et mythologie (Paul Diel)

    Le mythe d'Orphée, expliqué par Paul Diel dans Le Symbolisme dans la mythologie grecque (résumé +passage-clé en violet)

     

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    Le mythe d'Orphée possède un lien avec les mystères d'Eleusis, célébrés dans l'Antiquité. Le rapport avec Eurydice n'est en réalité que l'histoire du rapport d'Orphée à son âme, Eurydice représentant son côté sublime. A contrario, les femmes convoitées par l'artiste représentent ses désirs multiples et pervers. Il hésite entre le sublime représenté par le Dieu Apollon et le pervers, symbolisé par Dionysos. Il est attiré par le délire dionysiaque et sa débauche qui est insatiable. Cette inconstance dans la liaison d'âme est propre à l'artiste.

     

    Voici un passage de Paul Diel qui illustre bien le résumé présenté ci-dessus (p.171):

    "Seul le sentiment vrai et profond, l'amour pour Eurydice, pourrait sauver Orphée. Le mythe d'Eurydice n'est en vérité que l'histoire de l'état d'âme d'Orphée. Eurydice est le côté sublime d'Orphée, sa force de concentration apollinienne. La mort d'Eurydice symbolise l'évanouissement de la force sublime: c'est-à-dire la mort de l'âme d'Orphée, sa banalisation. Eurydice meurt de la morsure d'un serpent, et la force d'âme d'Orphée se meurt à cause de la vanité typique de l'artiste, lui faisant croire que la terre entière et ses jouissances lui sont dues. La vanité l'obsède au point de ne pouvoir renoncer à aucune promesse de son imagination éparpillée, de crainte que de multiples jouissances pourraient lui échapper, s'il s'attardait à aimer "Eurydice". Symbole du désir d'harmonisation et de concentration créatrice, Eurydice se trouve ainsi opposée à la multiplication dionysiaque des désirs, aux Ménades et, sur le plan concret, à la multitude des femmes secrètement désirées.

    Cet aspect double de la symbolisation -d'une part, Eurydice: désir sublime; d'autre part, les femmes convoitées: désirs multiples et pervers - se vérifie dans tous les détails du mythe et jusque dans l'histoire de la mort d'Orphée. On voit par là combien est apparenté au conflit de la nervosité l'excès de la banalisation insatiable, le délire dionysiaque (Dionysos lui-même s'abîme passagèrement dans le délire)."

     

    ..........

     

    Orphée ne doit pas se retourner vers le passé pervers qui l'a éloigné d'Eurydice qui a fait qu'Eurydice est devenue pour lui une ombre (à cause de ses désirs multiples et pervers). Or, il se retourne vers la vie perverse ce qui entraînera sa chute. Orphée subit le châtiment qu'entraîne son insatiable inconstance: la mort de l'âme, l'écartèlement par les désirs contradictoires (que l'on retrouve dans la psychose et notamment dans la schizophrénie). Selon la fable, ce sont les femmes qui le déchirent. Le mythe exprime qu'Orphée finit par mourir dans le désarroi de la dépravation. Bien qu'Orphée subisse cette fin peu héroïque, la lyre, prêtée par Apollon, sera, par Zeus, placée parmi les constellations. L'art apollinien, expression de l'idéal d'harmonie, demeure une manifestation sublime de la vie.

     

    En somme, "l'ethos aspire à la réalisation active de l'harmonie, l'art véritable en est la concrétisation."

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